A ne pas rater

  • Le grand souk
    Les festivités débutent avec un concert gratuit le 22 juillet en centre-ville de Ribérac (Dordogne), avec des jeunes groupes du Périgord et de l'agglomération bordelaise. On entre ensuite dans le vif du sujet les 23 et 24 avec notamment Olivia Ruiz, Archive, Hey Hey My My, Pony Pony Run Run, Arnaud Fleurent Didier ou encore Coeur de Pirate. Du 22 au 24 juillet. www.legrandsouk.com
  • Jazz In Sanguinet
    Onzième édition de ce festival landais ouvert à toutes les composantes du jazz. Cette année, 18 groupes se présenteront sur 4 journées, soit plus de 110 artistes, avec en point d'orgue, la présence du compositeur, chef d'orchestre, pianiste, Claude Bolling, accompagné de ses musiciens. Du 22 au 25 juillet. www.jazzinsanguinet.com/mapage/index.html
  • Violon sur le sable
    85 musiciens de l'Opéra de Paris et autres grands orchestres, sous la direction de Jérôme Pillement, réunis sur la plage de Royan (Charente-Maritime): le spectacle est d’envergure. Cette année, sont programmés les solistes Bruno Fontaine (piano), Victoria Joyce (soprano), Christiane Legrand (medley "Peau d'Ane"), le Choeur du Pays Royannais, Daniil Simkin (danse), François Thuillier (tuba) et Frédéric Lodéon (présentation), ainsi que Jake Shimabukuro (yuculele), Satenik Khourdoian (violon), Maria Masycheva (piano), Anne-Catherine Gillet (soprano) et Lévon Minassian (doudouk). Les 26, 28 et 30 juillet. www.violonsurlesable.com
  • Festival des jeux du théâtre
    Plus ancien festival de théâtre après Avignon, Sarlat s'appuie sur un programme éclectique, qui puisse enchanter tous les publics. Artistes confirmés, nouveau talents, auteurs, compositeurs, metteurs en scène; tous les spectacles sont présentés en plein air pour un joyeux mélange avec le public. Du 17 juillet au 4 août. www.festival-theatre-sarlat.com
  • Les nuits atypiques
    La musique reste le coeur battant de cette 19ème édition, avec notamment un hommage rendu à Django Reinhardt par quelques uns des plus grands guitaristes manouches d'aujourd'hui: Boulou et Elios Ferré, Romane, Mathieu Chatelain, Angelo Debarre, David Reinhardt, Louis Winsberg, Rocky Gresset, Pierre Manetti. A noter aussi des rencontres plus surprenantes entre chanteurs corses et musique japonaise. Du 26 au 31 juillet. www.nuitsatypiques.org
  • 6 milliards d’autres
    Lancé par Yann Arthus-Bertrand en 2003, le projet 6 milliards d’Autres a permis de réaliser 5 600 interviews filmées dans 78 pays par 6 reporters partis à la rencontre des Autres. Du pêcheur brésilien à l’avocate australienne, de l’artiste allemande à l’agriculteur afghan, tous ont répondu aux mêmes questions sur leurs peurs, leurs rêves, leurs espoirs… Après Le Grand Palais à Paris, la Base sous-marine de Bordeaux accueille à son tour l’exposition du 9 juillet au 26 septembre. Entrée libre, de 14h à 19h, tous les jours sauf le lundi.
  • Aquitaine préhistorique
    20 ans de découvertes archéologiques rassemblées sur 650 m2, c’est le pari de cette nouvelle exposition présentée par le Musée d’Aquitaine à partir du 2 juin. A travers une collection de plus de 2000 objets, dont un spectaculaire squelette d’ours des cavernes, le visiteur découvrira les enjeux de la recherche préhistorique, du Paléolithique à la fin de l’âge de Bronze. Jusqu’au 2 janvier 2011. Tous les jours sauf lundis et jours fériés, de 11 heures à 18 heures.

10/04/2008

Un sexe et un enfant sur la même photo : le musée d’Aquitaine décroche les oeuvres

Richard_et_paul AUTOCENSURE - C’est l’une des images taboues. La plus osée parmi six clichés litigieux, qui ont entraîné hier le décrochage de toute une série au Musée d’Aquitaine. «Principe de précaution», estime François Hubert, le directeur. Parmi 25 clichés qui interrogent la paternité, ceux-là présentent des pères complètement nus avec leurs enfants. Impossible pour le directeur. «On sait bien qu’avec les problèmes de pédophilie ou d’inceste, les gens auraient pu mal réagir. Ils risquaient d’être choqués. Moi j’avais annoncé une série de belles photos contemporaines sur l’Aquitaine. Pas une réflexion autour du corps». A 48 heures du vernissage, donc, alors que l’exposition «Humain, très humain» s’ouvre samedi, décision a été prise de vider les photos.

L’histoire s’est répandue comme une traînée de poudre parmi les photographes, qui ont immédiatement dénoncé «l’hypocrisie» de la décision. Ils sont vingt à avoir participé à ce projet collectif. Une exposition de grande ampleur, qui réunit 500 images produites sur les deux dernières décennies, somme d’«archives du présent». «C’est aberrant qu’en pleine candidature pour Bordeaux 2013, on décroche une série pour de tels motifs, s’indigne Chritophe Goussard, l’un des photographes du projet. Parmi tous les autres thèmes, il y a des travaux sur la banlieue, sur le 11 septembre, sur les anciens combattants marocains. C’est aussi une violence. Mais celle-là, elle ne dérange pas. Ca démontre surtout la frilosité dans laquelle on est».

Dans tous les esprits, la plainte déposée en 2000 par la très prude association La Mouette, contre l’expo «Présumés innocents» du CAPC. Le directeur du Musée d’Aquitaine le reconnaît lui-même : «Nous avons vécu ces dernières années une très vive polémique. Il y a probablement des gens qui n’attendent que ça pour en rajouter une couche. Nous, notre but n’est pas de faire du débat. Ce n’est pas la vocation de ce musée. On travaille sur l’Histoire, l’archéologie et l’ethnologie».

Pourtant, lors de la sélection des photos, il y a plusieurs mois, le travail sur les pères, réalisé par Christian Delecluse n’avait pas soulevé de questions. Il s’agit d’une série ancienne, réalisées entre 1993 et 1997, qui avait fait l’objet d’un livre «Un tel père et fils» (éditions du cercle d’art), et d’une précédente exposition à la Fnac. Sans plus de remous. C’est d’ailleurs à la demande des commissaires d’exposition que l’ensemble avait été sélectionné. Mais il semble que ce soit au tout dernier moment, lors de l’accrochage de l’expo en début de semaine, que certains salariés aient manifesté leur émotion face aux photos incriminées. Ils auraient alors pris sur eux de contacter directement la mairie. Avant que le photographe ne soit à son tour convoqué.

«Affligeant et dépitant», commente Christian Delecluse. «On ne laisse même pas au citoyen le droit de se faire sa propre opinion, de trouver ça bien ou pas. Pour le bien public, tout ça est décidé à ta place». Surtout, il pointe la «lâcheté» des responsables. «Il n’y a aucun courage politique. Les représentants culturels préfèrent passer pour des cons plutôt que de débattre ou de risquer un procès». C’est donc hors des institutions que l’exposition devra trouver sa place. Une galerie indépendante vient déjà de lancer une première proposition.

Laure Espieu

(Photo Christian Delecluse « Richard et Paul »)

Commentaires

Affligeant. De telles photos seraient passées sans encombre dans les années 70.
Le politiquement correct et l'envahissement du pénal dans le domaine socio-culturel est parvenu à polluer les esprits en instituant une auto-censure généralisée exercée au nom d'un "principe de précaution" totalement dévoyé de son sens originel.
Cette lâcheté capitularde fait le bonheur de tous les moralisateurs d'une frange diffuse réactionnaire, trop heureux de se ruer dans la brêche et à l'affût du moindre prétexte pour exercer un avantage désormais acquis dont ils comptent bien user et abuser.
Quand l'auto-censure s'imprègne dans les esprits, l'avenir se colorie d'un brun profond. Brrr...

oui à cette belle photo
non à cette censure malhonnête

bravo aux libres photographes, merci de nous offrir vos images
honte aux censeurs moralistes, retirez-vous vous-même

Comme me l'a dit une fois un ami américain alors que nous parlions du mélange de tabou et de surenchère en matière de sexe au USA, Il serait bon de s'interroger : Qui est le vrai pervers?

Est-ce que c'est celui qui prend les photos, le père qui pose, ceux qui choisissent les photos?

Ou ne seraient-ce pas plutôt les pourceaux frustrés auxquels cette image d'un père et son fils évoque un pédophile qui va violer un gosse??

La nudité d'un homme / d'un père avec un / son enfant est teintée de soupçon de pédophilie, d'inceste. Cela relève du tabou : après avoir présenté une thèse sur le père au miroir de l'autobiographie, je crois savoir un peu ce dont je parle... En revanche, la nudité d'une femme / mère avec enfant est admise. N'y a-t-il donc pas d'inceste mère-enfant, de pédophilie femme-enfant? En fait, ces représentations courantes ou non, tolérées ou non, reposent sur des préjugés et nous révèlent nos contructions sociales. C'est finalement placer la mère, et seulement elle, du côté du corps, et le père du côté de l'esprit! Cela semble être un arrangement psycho-social... Est-ce la vérité? La photo, superbe, joue bien sur les clichés de l'image masculine avec sa force guerrière (présence de l'épée dans les mains de l'enfant) à l'épreuve de la tendresse de la chair (nudité du père). Parfait d'avoir osé publié une des photos.

Re-bienvenue au XIXe siècle.

Tant de régressions après tant d'avancées. Mai 68 n'aura pas duré 30 ans...

Sûr que questions symboles, la photo, elle déchire !!
Par contre, même si en soit la censure est bien triste, je la trouve pas très belle, un peu grise, un peu branchouille...

Désolé d'apparaître comme faisant partie des censeurs. Mais il suffit d'être en contact avec des personnes souffrant de ce genre de pathologie pour se rendre compte combiensont légion les détraqués dans notre société. Ce n'est pas de la censure. C'est un principe de précaution de ne pas laisser à la vue de tous les pervers et de tous ceux qui sont incapables de contrôler leurs pulsions des oeuvres de ce genre. Ce n'est pas quand les enfants sont violés et détruits qu'il faut hurler. C'est avant qu'il faut avoir le courage de se protéger et de protéger les enfants. Tant que tous les détraqués ne sont pas enfermés, soignés, empêchés de nuire, il est indispensable de se protéger. Dommage pour les oeuvres. Mais l'avenir de nos enfants a plus de prix.

Si l'on observe le nombre d'interdictions, de censures, de contraintes diverses subies par notre société depuis les années 70 et que l'on regarde par comparaison le nombre de libertés nouvelles apparues dans le même temps, j'ai bien peur que l'on ne transforme l'optimiste le plus enthousiaste en dépressif total, auquel on aura même supprimé l'un de ses ultimes refuges : l'évasion que peut procurer l'art.
La morale est sans doute une chose utile, mais peste soit des moralistes !

Choquant qu'une photo d'un père et de son fils, qu'on sent heureux d'être ensemble dans un moment d'intimité familiale, fasse bondir tous les pervers de la terre! Honni soit qui mal y pense!

c'est complètement débile
la nudité d'un père en présence de son fils ne pose pas de problème
regardez les naturistes sur les plages en été ? je ne vois là rien de choquant ni de dangereux

au diable les ayatollahs, avec ou sans barbes !

La perversité est de voir du mal partout, y compris dans la nudité. Dans beaucoup de familles, aujourd'hui, celle-ci n'est pas tabou. Elle ne pose pas de problème, dans le respect de la pudeur de chacun. Ceux qui ont demandé de décrocher ces photos sont des malades, qui devaient aller faire un tour au musée (du Louvre, du Vatican, d'Orsay). Ils y verraient que sur les toiles des grands maîtres se cotoient nus et enfants, sans malice. Et si cette photo est la plus "osée", alors là, vraiment, la connerie humaine a encore fait unn grand bond en avant !

non mike je ne suis pas du tout d'accord : cette photo n'incite pas du tout à la pédophilie et j'imagine que les autres non plus

de toute façon les pédophiles n'ont pas besoin de photos pour passer à l'acte

@Mike.

Il faut cesser de réagir ainsi !
Au nom de quoi, le "prude" doit-il imposer sa vision du monde aux autres ? On ne lui impose rien ici. Pour voir ces photos, il faut bien se déplacer, entreprendre une démarche, non ?
Personne ne vous la colle sous les yeux ?
(ha mais si ! ici même ! censurons !!!)
De grace, laissez les gens être libres de leurs choix comme vous être libre des vôtres.

courage... voilà un mot qui semble de moins en moins sensible dans le monde des expositions institutionnelles.Qu'il s'agisse de musées ou de galeries des beaux quartiers. Les premiers n assumant que les artistes dejà publiés , historiquement éloignés, ou simplement dans la mode du moment(celle qui fait chic ou au contraire celle qui consensuellement se trouve décallé). Les seconds vous regarde de la tête au pieds quand il vous voit passé la porte de leur mignonne galerie, tentant de déterminer je ne sais à quelles appartenances sociale, politique, ou se demandant simplement si vous êtes livreur (car n affichant pas le look chicbourgeoisenmarge). (je vous ferais grace de ceux bien réel qui ne sont que des vendeurs). Bien sûr ne généralisons pas, ... Mais l air du temps s'y prete plutôt bien.
courage à nos artistes!

Je m'interroge sur le commentaire concernant "tous les pervers et tous ceux qui sont incapable de contrôler leur pulsion", relatif au fait d'être "en contact avec des personnes qui souffrent de ce genre de pathologie" et justifiant ainsi un "principe de précaution par la censure".
Ont-ils besoin de ce genre d'exposition pour visionner ce genre de photos, ceux là ? N'y à t-il pas là une négation les réalités de ce que l'ont trouve par ailleurs, sur des livres de photos, sur l'internet, chez les nudistes... qui peuvent donc satisfaire tout les voyeurismes ?
Avec un tel discours ne recommence t-on pas à créer une société qui interdit aux parent la nudité devant leurs enfants, qui culpabilise l'image du corps et qui fabrique ainsi une société de "pervers incapable de contrôler leur pulsion", comme vous le dite si bien ?
Croyez vous que ce genre de photos soit en elle même cause de telle pathologie ?
Comment quelqu'un qui est en contact avec ce genre de perversion peut expliquer les véritable cause de celle-ci, de manière à être moins superficiel et éclairer sérieusement de son expérience, en approfondissant donc le sujet ?

Les pervers ont-ils besoin de ce genre d'image pour être pervers? Rien ne prouve que cette photo (ou une autre) soit le déclencheur d'un acte pervers. Je trouve bien triste que désormais, lorsqu'on voit un homme nu avec un enfant (son enfant), on y voit de la perversité et non de la tendresse. J'ajouterai au commentaire de Camille que l'homme (au sens général) demeure du côté de la force voire de la violence... on peut peut-être autorisé aux hommes, comme on l'autorise aux femmes la tendresse et l'amour.

Je suis persuadé que ceux qui ont censuré ces oeuvres, sont des pédophiles latents ou avérés ....

Quiconque est allé à Oslo est passé par le parc Vigeland, ou des statues montrent des adultes et des enfants nus dans tout le parc et dans des postures parfois "surprenantes", ça ne choque personne, car c'est de l'art, ou tout aa moins une vision d'artiste.
Alors certes, c'est des statues, pas des photos, mais il a bien fallu des modèles.
Toute les sociétés ne sont pas au même niveau d'ouverture et de détachement, et malheureusement, la France est dans cette situation.

cette censure me révolte!!! cette photo est très belle et renvoie avec beaucoup de signifiant (contrairement à certain je ne la trouve pas branchouille...ce n'est pas parce que c'est un" beau " noir et blanc que tout de suite, c'est branchouille...bref..), comme la justement fait remarquer Philippe Stempf (dont je serais très intéressé de lire sa thèse..entre docteur on peu bien s'échanger nos travaux..;-) ), la photo joue bien sur les clichés en les retournant ...par ailleurs, je me retrouve assez dans cette photo...l'image de l'homme se veut moderne (non pas que je sois "moderne" qu'est ce que la modernité d'ailleurs...), mais l'image correspond plus à ce que je suis, un père proche de son fils, charnel, ... plutôt qu'un vieux macho paternaliste..). Voire dans cette photo de la perversité révèle un grave problème schizophrénique de notre société. D'un coté les pères doivent être plus proche, plus sensible, plus charnel avec leurs enfants...de l'autre, lorsqu'on montre se type de comportement, on est pris pour des pervers... Mon fils est quelqu'un qui aime sentir, toucher, être cajolé...j'aime à croire que ce que je lui ai transmis à ce niveau (mais aussi sa maman qui y est pour beaucoup) y est pour quelque chose..
non vraiment..ce sont les censeurs qui ont un problème...les pervers ne sont pas toujours là ou on pense...

Mon DIEU !!
Les salariés ont ressenti une émotion !!!
L'exposition pourrait provoquer un débat !!!

Quelle horreur !!!

Moi aussi, je ressens "une émotion" devant cette image. Photo très belle, d'une grande tendresse mêlée d'une étrangeté troublante...
Pas une image univoque et sans histoire. Bien sûr. Donc une véritable image, de celle qui travaille celui qui regarde, qui touche, qui interroge.

écraser son nez dans les cheveux de son fils, comme cet homme, c'est en tous cas le plus grand bonheur du père que je suis. et c'est ce que je vois d'abord ici. Et puis les zones sombres, la barbe et le sexe. Le corps jeune, l'épée en bois comme une croix, qui contraste avec le crane rasé et la barbe pouvant rappeler les attributs de religiosité orientale...
L'intime et le monde se mêlent, les questions se chevauchent et restent irrésolues. Vraiment une belle image, forte.

Et pour ce qui est de cette stupide chasse au sexe, je pourrais vous en montrer tellement des photos de moi nu, avec mon fils. Traces de ces moments si bons, bouleversants, de nos peaux en contacts, et d'un quotidien si simple.

On en passe plus des heures dans le dressing avant de se présenter à ceux de sa famille. C'était l'apanage de la vie bourgeoise du 19eme.
On se lève et on se voit à poil. On se lave et on se voit à poil. On change les couches et on se voit à poil. On va à la piscine et on se voit à poil. C'est la vie. C'est la vérité crue du rapport des pères aux fils d'aujourd'hui.
Il y des sexes, des peaux, des odeurs, des chaleurs. Et les malades sont sûrement ceux qui ne savent pas gouter ce bonheur éphémère.

La vraie question est: la fonction de l'art est-elle de rassurer ou d'inquiéter, de susciter un sentiment de confort ou de trouble, d'édifier ou de questionner? Entre Paul Guth et Pier Paolo Pasolini, il faut choisir. Pour revenir à la photo, sa puissance dérangeante est à mon avis ce qui aurait justement nécessité sa présence. C'est une photo qui me met mal à l'aise, elle atteint quelque chose que je n'aurais pas découvert sans elle. C'est aussi l'oeuvre d'un artiste qui a le sens de la composition et un regard original. Il faut la défendre aussi (d'abord?) pour cela.

Cette image me choque, et me renvoie au souvenir d'un attouchement sexuel par un adulte alors que j'étais môme !.

À quand la fermeture des camps nudistes, par "mesure de précaution" ?

La reine Victoria n'est pas morte.
Elle bouge encore.
Elle va même de mieux en mieux...

Merci James, votre post m'a beaucoup touché...
cette grande tendresse que vous décrivez se retrouve dans cette image...et l'amour du père que je suis pour son fils tout autant...
par ailleurs, très bonne analyse de la photo...
Bien à vous.
IC

Sera t-on un jour traité de pédophile si on prend un bain avec nos enfants ? Ou va t-on ??

Ne pas avoir eu la tendresse d'un père est un sentiment si révoltant et si dur à reconnaitre que l'on préfère le chasser, le renier, comme au regard de cette photo.

Les photos d'hommes habillés portant des enfant nus dans leurs bras ne gênent pas en publicité (doit-on rappeler que la publicité s'affiche PARTOUT : télé, ciné, magazines ?). Cela n'a dérangé personne que je sache (je peux me tromper). Alors pourquoi l'inverse entraîne-t-elle la censure ? Surtout qu'il faut prendre sur soi pour voir cette photo et sa série, elle ne s'affiche pas à chaque coin de rue. Je ne comprends pas.

Les personnes "sexuellement malades" ont-elles attendu cette photo pour commettre leurs actes ? L'ont-elles attendu pour avoir l'idée et l'envie de s'exhiber dans la rue ? Non. Trois fois non. Passent-elle d'ailleurs leur temps les fesses à l'air et j'en passe ? Non plus, souvent elles ont l'air de tout un chacun ...

Pour une fois que l'on ne montre pas le cliché de la maternité, femme allaitant, femme nue portant son enfant encore dans son ventre, ou dans ses bras, ou prenant son bain avec lui, je dis bravo !!! Les hommes aussi ont le droit de cajôler leurs enfants, et de le montrer. Pour moi, c'est cela la virilité. Si on leur dit "soyez plus proches de vos enfants" mais "ne les touchez pas", que doivent-ils faire ???

S'il s'agissait d'une photo s'affichant sur tous les murs, je ne dis pas, je suis fatiguée de voir le corps de la femme tel qu'il est exhibé quotidiennement, renvoyant l'image d'un corps objet - quoique certaines publicités soient très belles. Je pourrais comprendre qu'on demande de l'enlever de la vue publique. Mais là, il faut se déplacer.

Si cela gêne des gens par rapport à leur vécu, ce que je comprends, personne ne les oblige à aller les voir ces photos !!! Quant je sais qu'un thème, qu'un sujet, me sera sensible (télé, ciné, théâtre, photo, sculpture, peinture), soit j'y vais en sachant que je peux m'en aller, soit je n'y vais pas, mais je ne crie pas "aux loups". Ce qui peut me gêner moi par rapport à ma vie, cela plaira à d'autre. C'est cela l'art, chacun y voit ce qu'il veut, ou peut.

Ce n'est pas une photo de viol, d'attouchement, ce n'est pas une photo sordide, ni dérangeante à mon sens. Laissons les gens se faire une opinion !

Ceux qui affirment que cette photo represente de la tendresse me semblent un peu legers. Il y a a mon avis quelque chose de plus ambigu que cela, en particulier dans l'epee/croix du gamin habille (l'arme des interdits), dans l'action de la main gauche de l'homme, et dans la position bizarre de ses jambes.

La censurer est grotesque ; cela renvoit a un prejuge qui voudrait que l'art soit positif, edifiant. C'est confondre l'art avec l'emprise ideologique, alors que sa force est justement de pouvoir representer la suspension du jugement moral.

Mais ce type de reaction (la censure) ne deviendrait-elle pas un critere discriminant entre d'une part l'art, considere comme defi, et de l'autre des Produits du Spectacles, inoffensifs, conviviaux, lenifiants ?

Je persiste en corrigeant ma coquille : c'est bien d'avoir osé publier l'une des photos...
Une impresssion supplémentaire : à supposer qu'il y ait un vague érostisme dans cette photo plutôt que de la tendresse à l'état pur, il me semble éventuellement dirigé sur la nudité du père, en aucun cas sur la présence de l'enfant.
Oui,je suis d'accord avec l'argument de James qui s'interroge sur la fonction de l'art.
J'abonde également dans le sens de kraken (avec qui je veux bien partager mes travaux déjà anciens) et qui voit un problème social de l'ordre de la déchirure : d'un côté, une demande faite aux pères d'une plus grande proximité charnelle, de l'autre, une condamnation d'images de telles scènes.
Selon moi, cette censure soulève au moins deux questions :
- celle de la fonction de l'art,
- celle de ce qui est montrable de l'identité masculine.
Mais de grâce, ne mettons pas en parallèle l'art et l'univers psychiatrique!

Je ne suis pas pour la censure, mais je trouve que cette photo a forcément un côté ambigu. Mais moins pour la nudité du père que pour la position de l'enfant, tenu à la cheville par son père. Ca donne une impression de coercition qui, ajoutée à la nudité du père, me met un peu mal à l'aise...

Bref, je trouve pas la photo très intéressante ni très belle, mais je trouve dommage de l'interdire, d'autant que l'autocensure est encore pire que la censure!

@Philippe
ce n'est pas Kraken mais Ian_Curtis... ;-)
pour rebondir, oui effectivement ne mélangeons pas Art et psychiatrie néanmoins, l'art et la Psychanalyse sont étroitement liée à mon goût. Les réactions, sentiments que suscite l'œuvre l'art , dépendent de notre vécu, du contexte normatif, religieux social, dans lequel on a grandi et dans lequel on évolue. L'intérêt de l'art est ainsi de nous questionner sur nos fondements personnels et nous poussent à adopter un regard distancier. Lorsque je parle de schizophrénie, ce n'est pas au sens pathologie bien sûr, mais plutôt d'un point de vue sociale. Notre société est en perpétuelle contradiction avec elle même...
Par ailleurs, je vous suis totalement sur vos deux dernières questions...sujets passionnant au demeurant..

Cordialement
Pour info mon mail:
etienne.pier@hotmail.fr

Je ne connais pas le photographe mais en revanche je connais bien les "modèles", Richard un artiste, peintre et photographe, et son fils, Paul, qui aujourd'hui a 18 ans. Il y a peu j'avais discuté avec Richard de ce politiquement correct qui nous interdit tout, de cet ordre moral rampant qui nous submerge, et Richard m'avait montré le livre contenant ce cliché, en me disant que cette photo ne "passerait" pas désormais. Ce qui se passe à Bordeaux, dans ce musée, est à l'image de cette société, de ce temps, et de cette ville, laquelle ville crève d'une absence totale de politique culturelle et de pensée. je ne me mets pas en colère, je ne dis pas que c'est scandaleux. C'est simplement con et affligeant. Mais l'on a aussi les musées et les politiques (culturelle)s que l'on mérite. Jean-Michel Devésa.

Bienvenue à bordeaux.
Cette action est à l'image de la politique culturel de la ville de Bordeaux et de sa paranoïa en terme de contenu.
En gros Bordeaux c'est :
- de la Molesse
- aucune prise de risque
- de la consanginité à tous va.
et c'est du retranchement sur son passé ou sur ces peurs.
On parle de BDX 2013 !
Bravo
Un vrai bonheur.

hier bordeaux l'endormie,aujourd'hui bordeaux, la frileuse...

J'appuie de tout coeur, et avec un sentiment de révolte très fort, la plupart des commentaires et tout particulièrement celui de JMDevesa. C'est malheureusement sans étonnement aucun que je constate qu'une fois de plus, Bordeaux s'enferme dans le moralisme, la censure intellectuelle et artistique, ainsi que dans des arguments ridicules et mal placés. En effet, penser à BDX 2013 devient de plus en plus vain en vue de la navrante frilosité qui règne...
Quant à la photo, elle est non seulement très belle, a le mérite de mettre en scène la paternité (pour une fois!!), mais de plus, pour n'importe qui connaissant les modèles, elle illustre bien l'homme et père tendre et doux qu'est Richard.

Il y a deux mois à peine, à Londres, la Barbican Gallery projetait des films de Nan Goldin montrant à plusieurs reprises des parents (mères et pères) nus, avec des enfants, nus aussi, dans plusieurs scènes de vie quotidienne, et notamment couchés ensemble dans un lit. JMDevesa et moi-même nous étions fait la remarque que ce genre d'images ne passeraient probablement pas dans un pays comme la France, et tout particulièrement à Bordeaux.
Il est bien triste que nous ne nous soyons pas trompés.

D'autant plus que suite au procès intenté au Capc et aux concepteurs de l'exposition " Présumés innocents " tous les protagonistes de l'affaire, tous les "accusés " ont gagné !
Les ridicules plaignants ont été déboutés !
Alors, dans ce cas d'auto-censure, double lachété de la direction du Musée d'Aquitaine ou l' affirmation d'une volonté politique et le signe annoncé du retour à l'Ordre jusque dans les musées et le champ culturel ?
Remarquez, pourquoi voudrions-nous que l'art et la culture soient épargnés par les bruits de bottes en tous genre.
Pourquoi n' y aurait-il que dans le champ purement économique que les salariés lambda et les citoyens français, morfleraient ?
Pour sûr on a changé de régime, faut qu'on se le dise et que nous réagissions vite !
Dans nos têtes déjà, le reste suivra.
Au secours, les cons arrivent de partout !

Je propose qu'au nom du principe de précaution évoqué dans certains commentaires, on retire sans tarder des musées les oeuvres des grands maîtres pouvant être interprétées, par les gardiens de la morale et du bon goût, comme autant d'incitations, pêle-mêle, au crime, à la haine raciale, au travail forcé des enfants, au harcèlement moral. etc. (Chacun mettra une image d'oeuvre sur chacune de ces catégories. Cherchez, c'est facile)
Bordeaux est classée au patrimoine mondial de l'humanité. La liberté des artistes est indissociable de ce patrimoine-là. Cette affaire de censure des photos, c'est vraiment une grosse UNESCO...NNERIE

Comment dire ??? Trouver un adjectif pour qualifier ces photographies ... Ne serais-Se pas ...désopilant ? Je n'ai eu a voir que cette photographie, pour appuyé vivement la censure ... Mais ou va t-on ? Pour faire passer le message de l'art, doit-on le faire nu ... et en plus avec un enfant dans les bras ? N'est-ce pas osé de présenter ce genre de photographie à un vernissage... Aujourd'hui même n'entend t-on pas assez parler de pédophilie ??? effectivement, ces images passaient dans les années 70 mais aujourd'hui, ce n'est plus possible...
Je suis peut-être la seule personne a trouver cette photographie osée, mais l'art a des limites tout de même ...

EN QUOI LA NUDITE D UN PERE AVEC SON FILS EST-ELLE CHOQUANTE ?
LES FEMMES NUES QUE L ON NOUS MONTRE A LONGUEUR DE FILMS SONT ELLES DECRIEES ? NON.
ALORS EN QUOI UN HOMME NU EST IL CHOQUANT ?
IL FAUT EXPOSER A L ETRANGER OU LES ARTISTES SONT RESPECTES ET LA CENSURE INEXISTANTE ;

Je suis outré. Si cela avait été une femme avec sa fille ou son fils, on aurait trouvé cela magnifique et tendre.
Quelle hypocrisie !

il y a une mise à nu d'un père entouré de ses enfants par le dispositif de l'artiste,de son projet. Cela questionne et non affirme. Et l'auteur de cette image propose à chaque spectateur cette question en lui laissant toute la liberté de s'en saisir, de se l'approprier et par là-même de formuler ses propres questionnements.

La censure de ces images met à son tour à nu la pudibonderie grotesque de cette ville et de quelques uns de ses édiles. C'est nier le contrat qui lie l'artiste, sa création, à son spectateur. C'est nier à chaque spectateur son droit et son devoir d'avoir lui même un point de vue et partant, nier le spectateur lui-même, lui refuser son existence...
Comment, ainsi, Bordeaux peut-elle prétendre devenir capitale européenne de la culture en 2013 ?

Si l'on en juge par les commentaires ci-dessus, il n'y a pas plus de 3 à 5 % des personnes ayant vu cette photo qui sont favorables à la censure. Encourageant tout de même, non ?!
Les fonctionnaires frileux et les politiciens populistes (y en aurait-il à Bordeaux ? on n'ose l'imaginer...) feraient bien de réfléchir à cela avant de nous emmerder avec leur atteintes caractérisées à la liberté d'expression.
Les associations pudibondes font beaucoup de bruit. Mais elles ne représentent qu'elles-mêmes, et non la majorité du peuple, fort heureusement.
Battez-vous, les artistes : vous êtes à peu près les seuls militants encore actifs et audibles dans notre monde en pleine régression !

Cette photo est banale et sans le moindre intérêt ; mais bon il faut bien que les gens s'occupent.

Je fais partie de l'exposition qui porte si mal son titre "Humain, très humain", je vous donne mon impression. Inutile de vous dire à quel point je trouve cette histoire pitoyable et lâche.
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En partance pour Bordeaux, j'apprends, presque à mots couverts, que le travail de Christian Delecluse ne sera pas exposé dans l'exposition "Humain, très humain". la raison n'est pas clairement évoquée. J'en déduis que le "problème" est une quequette d'homme trop visible. Une femme nue c'est admis, un homme non. Quelle époque !
Ce qui me scandalise, entre autres choses, c'est que le "scandale" a éclaté la veille du vernissage, nous mettant , nous les photographes, devant le fait accompli, sans avoir le temps de nous organiser, de pouvoir en discuter avec les commissaires de l'exposition et le directeur du musée d'Aquitaine, qui connaissait pourtant le travail de Christian Delecluse.

D'où est partie la volonté de décrocher les œuvres de Christian Delecluse ? est-ce le directeur M. Hubert ? ou le cabinet municipal de M. Juppé ? est-ce le maire en personne ?

Combien d'œuvres ont fait l'objet de censure ? quatre, six ou huit ? les versions ne sont pas concordantes.

J'arrive à Bordeaux dans l'après-midi de vendredi 11 avril, et après m'être installée à l'hôtel, je me rends au Musée pour voir ce qui s'y passe, découvrir aussi l'installation de l'exposition. Aucun accueil n'est prévu avec les artistes, et oh ! surprise, le travail de Christian Delecluse est accroché en toute hâte, parce qu'un accord a été trouvé avec l'intéressé. Mais les photographies incriminées ne seront pas présentées, pas pour le vernissage. Elles le seront (mais pas toutes...) plus tard, avec un message de mise en garde, comme quoi certaines images pourraient choquer la sensibilité du spectateur... quel enfantillage. La censure est toujours d'actualité.

Le discours du directeur du musée a été aussi un grand moment de non dit. Un communiqué a été lu pour expliquer que l'"incident était clôt", les photographes et leur travail n'ont pas été présentés. Rien non plus sur le fait que Denis Darzacq avait décidé de décrocher son travail, parce qu'il ne voulait pas être associé à des gens qui pratiquaient la censure. Quant à Alain Juppé... il a parlé de AGORA, l'autre événement du week-end.
J'ai eu l'impression que c'était le vernissage du maire, pas celui des auteurs des images.

D'ailleurs, Rip Hopkins a aussi demandé à décrocher ses œuvres, je ne sais pas s'il est revenu sur sa décision ou s'il n'a pas été écouté.

Le dîner aurait pu être, en dernier recours, le lieu de rassemblement... je trouve pour ma part que, malgré le titre "Humain, très humain", il manquait justement cette humanité. Ne serait-ce que lancer les présentations, pour savoir qui est qui et qui fait quoi. Mais visiblement la fête était gâchée et malgré les efforts pour faire comme si tout allait bien, la cacophonie régnait tout comme le bruit du restaurant où nous étions réunis, qui n'arrivait pas à couvrir un silence assourdissant.

Dans Sud-Ouest de samedi 12 avril, l'article était dédié à l'affaire, au scandale et la foule qu'il avait provoqué. Rien sur l'exposition, son propos, son importance dans une ville où la photographie n'a pas de place. Rien, toujours rien, sur les artistes, qui pourtant ont donné leurs œuvres à voir. Rien non plus sur Denis Darzacq et ses œuvres manquantes.

Quelle médiocrité. Quel gâchis. Quelle vulgarité.

J'en appelle à Frédéric Delpech et Catherine Vigneron (les commissaires de l'exposition), au directeur du musée François Hubert, et bien sur à Christian Delecluse, pour qu'ils expliquent, clairement cette fois, pour qu'on sache exactement ce qui s'est passé. J'estime que nous avons droit à un peu plus de respect et considération.

Pour moi l'incident n'est pas du tout clôt.

Patrizia di Fiore

J'hésite encore mais baste... Ce sont plus certains commentaires que la photo elle-même qui me font réagir. A commencer par celui du directeur.

La photo, d'abord. Oui, jolie mais je ne suis pas impartial, j'aime le N&B et les garçons. Malgré tout, pas vraiment une photo sur laquelle je resterais longtemps. A la rigueur le temps de remarquer qu'il y a un homme nu avec un garçon dans ses bras. On voit certes plus souvent l'inverse. Je ne suis pas suffisamment artiste pour y chercher autre chose qu'une réaction immédiate. La photo me touche et je prend un peu le temps de comprendre pourquoi et comment. Sinon, je passe. Ce que son auteur a voulu transmettre m'indiffère presque. Bref, pas de quoi fouetter un chat.

Mais que cette photo et d'autres aient pu être retirées de l'exposition par mesure de précaution ?!?

J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, je n'arrive pas à comprendre pourquoi. Enfin, je n'arrive pas à comprendre en quoi une telle photo présenterait un risque quelconque et nécessiterait d'être retiré au nom d'un principe de précaution utilisé si souvent mais si rarement à bon escient.

Parce que les gens auraient mal réagi dans l'ambiance de phobie pédophile actuelle ? Génial. Autant dire qu'il vaut mieux retirer tout ce qui fait réagir les gens mal plutôt que de leur apprendre à réagir bien. Ca, c'est un concept d'éducation remarquable. Si quelqu'un pouvait me rappeler qui parlait du rôle éducatif de l'art...

La nudité n'est pas quelque chose qui me choque, sans doute parce qu'elle est chez moi très éloignée de la sexualité. Pas dissociée, éloignée. Ca ne semble pas le cas de tout le monde. Mais de là à faire l'amalgamme homme nu + garçon = sexualité + enfant = pédophilie, c'est quand même un raccourci un peu violent. Qu'est-ce qu'il y a donc dans la tête des gens qui font ce genre de raccourci ? Surement pas une regard d'artiste face à une oeuvre. Ni même un regard normal face à un instantané de vie entre un père et son fils. Au mieux, pour être gentil, le regard de quelqu'un qui ne mesure une oeuvre qu'en terme de risque potentiel pour lui.

En lisant l'article, j'ai eu l'impression que ma liberté venait encore d'en prendre un sale coup. Je n'ai même plus besoin de voir une photo pour pouvoir dire "J'aime", "Je n'aime pas" ou "Je suis choqué", on s'en charge à ma place. Allez, encore un effort et je rachète une télé, faute de n'avoir rien de plus valable pour me faire voir et réfléchir.

Une dernière chose : "Pour faire passer le message de l'art, doit-on le faire nu ... et en plus avec un enfant dans les bras ?" Non, ce n'est absolument pas indispensable. Mais l'art en lui-même est-il indispensable ? Autant supprimer carrément tous les musées, censurer toutes les expositions. Hier, la liste est trop longue pour que j'essaie de l'entamer ici, aujourd'hui c'est la pédophilie. Et demain, quelque sera le bouc-émissaire et la bonne raison de censurer ? C'est vrai que le nu est complètement superflu. Néanmoins... J'ai de moins en moins accès à l'indispensable alors merci de me laisser le superflu.

Si on peut approuver A.Jarry quand il énonce que "l'indiscipline aveugle et de tous les instants fait la force principale des hommes libres",force est bien de constater que nous ne sommes pas ,tant en intensité qu'en durée, des hommes aussi libres que nous le souhaiterions.
Toute censure est indéfendable, en autre dans le domaine de l'art :elle reléve du dogme et de l'aliénation par les pouvoirs.Elle exigerait que les citoyens regroupés viennent le proclamer dans et devant les instances concernées. Aussi dans ce cadre ,il me parait hypocrite d'accuser seuls le directeur et ses commissaires de lacheté et d'étroitesse de vue comme si leur situation concréte n'avait pas à etre prise en compte.Un directeur ,comme tous ses collaborateurs salariés,est tenu en laisse par un un lien de subordination, quoi qu'il puisse penser en conscience.Lien de nature "politique" qu'il n'a pas généralement les moyens de critiquer.Les artistes dont on comprend la déception et la colére se trompent de cible en attaquant un homme dont par ailleurs les compétences en éthnologie et en muséographie sont manifestes etreconnues au vu de son cursus.Il faut avoir le courage de voir d'où vient cette politique et se donner les armes collectives morales et matérièlles de s'y opposer le cas échéant.
On ne peut pas lui reprocher ,dans le conteste moralisateur actuel,d'avoir évoqué le principe de précaution,qui ici n'est qu'un acte de prudence, pas plus qu'on ne reproche aux surveillants de nos plages de réduire notre accés à la mer.Il y aura sans doute pour le(les) tableau(x) censuré(s) - et d'ailleurs, semble-t'-il, réaccroché(s)-d'autres occasions de s'exposer comme il nous est loisible de chercher une plage sans CRS au service d' autorites communales ou ministérielles concernnées...
Au demeurant, d'un point de vue tout personnel,la photo incriminée ne me parait d'un interet esthétique exceptionnel, mais relève plutot du témoignage anthropologique, la difficulté étant alors de l'intégrer dans une thématique consacrée à l'Aquitaine,ce qui est une tout autre problèmatique. Dans un contexte connexe je m'étonne que nos amis si sourcilleux en matière de censure artistique n'aient pas relevé ,ce qui choque ma conception de la république une, indivisible ,sociale et LAÏQUE,à savoir la présence en plein prétoire de notre tribunal à Bordeaux d'un Christ en croix de bonne dimension qui présidera à l'examen des errances des hommes libres...A quand une mobilisation citoyenne de ces derniers dont nous voudrions etre ? Ce me parait autrement plus important que la polémique engagée ici..bien que, bien que...

Ne comprenez-vous donc pas que certains puissent être différents?
Nous avons de la chance, nous, d'être nés avec une sexualité normale et des penchants admis par la société.
Montrez donc ces photos à certains pédophiles, ou pire à ceux qui ont subis leurs actes, je pense que la réaction serait bien différente de la notre.
Ne comprenez-vous donc pas qu'un musée d'histoire doit rendre la culture accessible aux gens et que l'on ne peut justifier le fait de mettre de telles photos sous couvert d'un (pseudo) art?
Un musée d'histoire a tellement de choses plus intéressantes et plus importantes à nous montrer et à nous apprendre...

Enfin, que ceux qui critiques les responsables assument ne seraient-ce qu'une partie de leurs responsabilités de tous les jours et là nous pourrons reparler de manière intelligente ...

je réponds à Thomas

mais personne vous oblige à aller regarder ce que vous ne voulez pas voir. laissez les artistes, ici des photographes, faire et montrer les images qu'ils souhaitent. et laissez les spectateurs aller voir ce qu'ils veulent voir, sans décider à leur place ce qui est bien ou ce qui ne le serait pas.

vous croyez vraiment que les pédophiles de France et de Navarre vont se ruer au musée d'Aquitaine, afin d'y trouver une éventuelle inspiration ? vous croyez ça vraiment ? je ne sais pas dans quel monde vous vivez, ce n'est certainement pas le mien.

si vous trouvez que le musée d'Aquitaine ne vous montre pas ce que vous voudriez voir, proposez leur un thème qui vous plaira, qu'à vous, comme ça vous ne risquerez pas d'être déçu.

ou si vous pensez que vous êtes capable de faire des images plus belles et plus riches, ne vous gênez surtout pas, faites les et montrez les, donnez nous à voir ce que vous savez faire, mieux que nous, mieux que quiconque.

quant à votre dernière phrase, je ne vois pas bien ce que vous voulez dire.

dernière chose : à part ces 3 ou 4 images qui vous dérangent, que pensez vous de l'exposition. parce que, au cas vous ne le sauriez pas, cette exposition rassemble plusieurs centaines d'images, au moins une vingtaine de photographes contemporains. c'est un événement assez important dans une ville où la photographie contemporaine ne pas vraiment représenté.

Patrizia di Fiore

pour Sophie Jaussi

l'exposition de Nan Goldin, dont vous parlez plus haut, est passé à Paris au centre Georges Pompidou il y a quelques années. Nan Goldin a pu montrer certaines de ses œuvres à la Chapelle de la Salpétrière. oui, la chapelle, qui sert par moments à des expositions d'art contemporain et aussi à la célébration de messes. comme quoi, même certains curés sont moins pudibonds. oui, j'imagine ce que certains pourraient ricaner... aux USA... on n'en sort pas quoi.

sans vouloir être désagréable, Bordeaux n'est pas la France. dans d'autres villes, et pas seulement à Paris, nous pouvons voir des expositions d'art et photographie contemporaines.

sans problèmes.

et fort heureusement.

bien à vous


Patrizia di Fiore

Bonsoir Patrizia,

Effectivement personne ne m'oblige à aller voir ces photos. Le problème est que ces photos n'ont, je trouve, rien à faire dans ce genre d'exposition, une expostition d'un musée d'Histoire je le rappelle.
Je trouve bien dommage de gâcher cette exposition en la réduisant à ces quelques photos retirées... Et si les responsables ne les avaient pas retirées, l'affaire aurait encore plus fait débat.
C'est justement parce que j'aime ce genre d'expositions que je trouve dommage de la gâcher avec ces photos provocatrices dont on sait avant même de les installer (ou de les retirer) qu'elles vont provoquer une réaction démesurée.
Je ne crois pas que les pédophiles vont se ruer dans le musée, loin de là. Après, si vous vous croyez que toutes les personnes qui vont voir ces photos ne les verront que d'un oeil artistique, alors effectivement nous ne vivons pas dans le même monde.

Ensuite, je ne vois pas ou j'ai dit que je savais faire des photos mieux que quiconque, évitez les interprétations vaseuses, car jamais je n'aurais cette prétention ... bien au contraire.
Par contre je pense que l'on doit voir au delà de la vision artistique pour ces photos et être conscient des réactions qu'elles peuvent provoquer (je ne parle pas forcément de perversité mais aussi de "choc"). C'est pour cela que je pense que ces photos n'ont pas cette place dans cette exposition.
Si vous voulez voir cela, pour moi le mieux est de faire une expo entièrement consacrée
à ce thème, afin de l'assumer pleinement et de ne pas éclipser le reste d'une exposition par ces clichés qui, dans ce contexte, peuvent être jugés comme provocants.

Thomas

Je suis en tous cas ravi que ce blog permette ce que les décisions des organisateurs n'ont pas permis : la discussion, la parole, la réflexion. Cette image accomplit donc sa mission, malgré tout.
A ceux qui sont choqués par cette photographie, parce qu'elle leur rappelle des évènements de leur histoire personnelle, des attouchements..., j'imagine, évidemment à quel point cela peut être douloureux. Mais c'est peut être aussi pour eux l'occasion de se rendre compte qu'ils ne sont pas encore totalement "guéris", qu'ils ont encore des choses à dire sur ce qu'ils ont pu vivre, qu'ils ont encore besoin de parler. Peut-être aussi d'exprimer de la colère, non pas envers la photo qui déclenche cette émotion, mais envers ceux qui leur ont "fait ça", leur imposant ce qu'aucun enfant ne doit subir, les empêchant si longtemps de connaitre une tendresse simple et sans angoisses, rendant difficile leur rapport au corps et à la nudité, même en image. Ne se trompent-ils pas de colère ?
Faut-il que rien, jamais, ne vienne toucher le point sensible et déterrer les souvenirs douloureux ? On le souhaiterait parfois, et que le monde s'arrête, contourne notre douleur. Mais il ne le fait pas, et revient souvent nous titiller : "Est-ce que tu n'a pas encore un peu mal, là ? Est-ce qu'il n'y a pas, ici, un cri que tu voudrais pousser, ou quelques larmes que tu aimerais laisser couler ? "

On ne peut pas, à mon avis, demander à l'art de collaborer à cette stratégie d'évitement, de n'être que "positif", "édifiant", d'être toujours un moyen de s'évader de nos problèmes personnels ou sociaux. il peut l'être, aussi, parfois, et c'est sas doute très bien. Il est à mon avis plus utile lorsqu'il est "confrontant", nous mettant face aux problèmes que nous voudrions éviter, permettant aux questions de se poser.

Cette image semble au moins poser la question de la tendresse à l'ère de la pédophilie.
Et il sont nombreux les parents, les pères, qui en viennent à douter d'eux mêmes. Qui ne savent plus comment faire avec leur corps et celui de leurs enfants. Si je trouve que mon fils est beau, est-ce que je suis pédophile ? Si je suis ému quand il me serre dans ses bras, est-ce que je suis pédophile ? Si on prend des bains ensemble, est-ce que je suis pervers ? etc...
Les médias parlent énormément de pédophilie, mais ils ne nous donnent pas d'outils pour comprendre, au quotidien, la sensualité des rapports parents-enfants. Au point qu'on ne peut même plus l'évoquer. Ne mettons pas tout dans le même sac, ne laissons pas la pédophilie tout salir, ni la peur nous séparer de nos corps.

bonjour Thomas, bonjours toutes et tous,

il y a une exposition de photographies, qui rassemble 20 ans de photographies qui ont un lien de près ou de loin avec l'Aquitaine. la relation existe soit par les lieux photographiés, soit parce que certains photographes sont originaires de la région.

dans cette expo, il y a des images qui nous plaisent ou qui nous intéressent, d'autres pas. d'autres nous évoqueront des choses douloureuses, d'autres de la joie, d'autres rien. c'est comme ça. comme toujours nous faisons le tri et nous classons. mais notre tri ne doit pas empêcher d'autres de faire le leur.

vous trouvez que ces images n'ont rien à faire dans cette exposition. d'autres vont trouver que oui, qu'elles ont toute leur place. c'est un point de vue, qui n'est pas forcement opposé à un autre point de vue.

à chacun sa forme d'expression, son propos, ses moyens pour dire ce qu'on essaye de dire à travers, ici, des images.

le musée d'histoire d'Aquitaine propose une exposition photographique. un musée est un lieu de savoir et d'échange du savoir. la photographie peut être un moyen de s'approcher de l'histoire.

pour terminer, je crois que "l'œil artistique" n'existe pas... il y a des choses qui nous interpellent, selon l'histoire qu'on a, selon ce qu'on veut transmettre. que l'on soit derrière la caméra ou devant.

bonne journée


Patrizia

Je suis tout à fait d'accord avec l'avis de Thomas... Les gens viennent, tranquillement voir une exposition et tout a coup, tombe sur des photos de ce genre, choqué ???
Je le pense.Mais certains gens ne parle que pour eux, sans penser aux autres, sans penser a leur passé ...
Ce genre de photo aurait était exposé dans une galerie a part, ou bien même une exposition faite pour cela, cela aurait était bien, mais pour une vernissage non prevu a recevoir ce type de photo ...

Une dernière petite chose, les internautes qui disent que cette photo représente la paternité... Qui vous dit que c'est un fils avec son père ??? Et pas un inconnu avec un petit garçon... Chacun a sa propre interprétation .
Mais il ne faut pas faire de sa propre interprétation, une interprétation générale...

décidément cette quéquète en obsède certains. surtout ne pas bousculer "les gens qui viennent gentiment voir une exposition" qui doit forcement et obligatoirement être gentille, c'est à dire qu'elle doit monter que du beaux (c'est quoi le beau, qu'est-ce qui est acceptable ? ), du couvert (pas obligé pour les femmes, elles c'est admis ! ), pas déranger. alors que les mêmes se gavent d'images de violence et de guerre tous les jours devant leur post de télévision, avec leurs enfants, qui eux en plus jouent avec des consoles de jeux vidéo bien gores d'une violence inouïe, mais... ça ça passe, pourquoi ?


à part le fait que je trouve cet angélisme d'un ridicule sans nom, d'autant plus qu'il voudrait imposer une norme rigide et arrêté, rien, toujours RIEN sur l'exposition qui montre plusieurs centaines d'images. pouvez vous comprendre que cette expo est un recueil de différents travaux sur l'Aquitaine, traités par une vingtaine de photographes et cinéastes, qui couvre une vingtaine d'années ?


certains se bornent à cette photo et basta.


désolant et grotesque.


une précision pour Sandrine, qui visiblement n'a pas vu l'expo...
la série avec la désormais fameuse photo qui vous dérange tant, fait partie d'un travail dédié à la paternité. la série proposée est une galerie de portraits de pères avec leurs enfants.

maintenant, vous avez le droit, et personne n'a l'intention de vous en empêcher, de penser, de spéculer sur qui est sur les photos, d'insinuer l'horreur qui vous habite.
on ne connaît pas l'expo, mais on dit quand même n'importe quoi.

sur ce, au revoir Bordeaux, je n'ai jamais entendu autant de fermeté à propos d'une exposition photo et vidéo, je ne pense pas être prête de revenir par chez vous.


Patrizia

Bonjour!

Les photos ont finalement étaient mises avec un avertissement à l'entrée de la salle et un drap...

Néanmoins pour répondre à différents points soulevés:
-Ces photos sont très belles quand on les voit en vraie (beau contratse, beaucoup de sensibilité et de poésie)
-C'est un ensemble de photos, des pères nus ou torse-nus (au choix des photographiés) avec leur(s) enfant(s). Un texte explique le travail du photographe à l'entrée
-Etant donné le choix de cette exposition (les photographes contemporains d'Aqyuitaine en lien avec l'humain), cette série a complétement sa place dans cette exposition et ce musée!

Pour finir, l'exposition est inégale mais avec des pièces superbes, à voir!

Non à la censure!!!
Salutations!

QD

je lis de-ci-de-là parmi ces commentaires que des photos artistiques "provocantes" n'auraient pas leur place dans un musée d'histoire. Ah bon ! l'art n'aurait pas sa place dans les musées d'histoire ? et l'art et l'histoire doivent-ils être systématiquement consensuels ? le visiteur de musée (que ce soit un musée d'art ou d'histoire ou d'ethno ou de science) doit-il être un veau qui vient boire religieusement le discours muséal sans se poser de questions ? le musée doit-il être le lieu d'un divertissement gentil qui, surtout, n'engage pas de critiques envers quoi que soit, en particulier les valeurs conservatrices et moralistes ? car depuis quand un homme nu en présence d'un enfant est-il forcément un pédophile ? dans ce cas, il faudrait bruler et détruire pas mal d'oeuvres antiques, grecques en particulier étant donné le penchant supposé des grecques antiques pour la pédophilie... une bonne idée non ? vite ! exigeons la fermeture du Louvre, lieu de toutes les perversité, institution vouée à l'incitation pédophile... Et le pire, c'est qu'il y a des gens qui en seraient capables...

Le nu ferait-il décidemment aussi peur aux gens que la grippe aviaire ou le terrorisme ? La société serait-elle plus hypocrite que jamais envers elle même ?Retrouver mon article FORCES ET PEURS DE LA NUDITE sur www.anakedworld.canalblog.com

la seule chose que je peux dire c'est que je suis photographe, que j'ai été victime pendant des années de pédophilie et d'inceste et que sans être prude ou quoi que se soit oui il faut faire attention a ce que l'on expose. Ce n'est pas une question de politiquement correcte, c'est une question de respect pour les gens qui ont vécu l'horreur. Certaine image font remonter des souvenirs insoutenable, et je pense qu'il y a en france plus d'adulte qui ont vécu des tournantes dans des banlieus ou des attouchements par des parents que les attentats du 11 septembre!

que viennent faire ici les tournantes (au passage, vous pensez vraiment que le phénomène est nouveau et relégué aux banlieues ?) et les attentas du 11/09 ?

qui vous croyez ou espérez impressionner ?

quel rapport avec une exposition des photographies de et autour de l'Aquitaine ? mais que ce passe donc depuis quelque temps ? on découvre l'eaux chaude, ou l'eau tiède, ce que l'image (au sens large) peut provoquer ? vous n'allez jamais au cinéma ? le cinéma a plus de 100 ans et la photo plus 150 ans. il ne suffit pas de dire "je suis photographe", il serait bon de comprendre ce que cela implique. et pas projeter ses souffrance psychique en les faisant supporter aux autres.

selon vous il ne faudrait jamais rien montrer sous prétexte que ça pourrait blesser ceux qui ont des mauvais souvenirs...
pas le droit non plus de faire de films...
plus de journal non plus. ne faisons plus rien du tout, ce sera plus prudent ! quel monde merveilleux vous nous proposez !

ce n'est pas seulement une question de nu (décidément certains réduisent cette exposition à 2 ou 3 images de nu... ridicule !), mais de tout travail photographique, qui pourrait pour telle ou telle raison, faire remonter des vieux souvenirs à la surface.

imaginez des photos de guerre, ça pourrait être insoutenable pour beaucoup de personnes d'un certain âge, mais aussi des jeunes soldats impliqués dans des "opérations humanitaires", au hasard en Afghanistan. j'imagine qu'un travail sur la maladie doit être insoutenable pour tout le monde, nous connaissons, ou connaîtrons, tous un proche qui a été malade ou qui est décédé de maladie...

même une photographie qui montre un champs de coquelicot tout à fait paisibles, pourrait faire remonter des souvenirs insoutenables. ou une image d'église de village de campagne... d'ailleurs, le simple fait d'évoquer un prétendu danger, peut donner libre cours à l'imagination de chacun.

bref, autant sortir avec des bandeaux sur les yeux, des bouchons dans les oreilles et bien garder la bouche fermé, on ne sait jamais, ce que nous pourrions dire pourrait déranger quelqu'un...

Simplement pour dire qu'il est facile de critiquer les gens, beaucoup moins de comprendre les causes et analyser les situations.
Quant au censeur, et à la remarque d'Hélène ("Je suis persuadé que ceux qui ont censuré ces oeuvres, sont des pédophiles latents ou avérés"), je peux affirmer que François Hubert, directeur du musée d'Aquitaine est quelqu'un de profondément intègre,juste et ouvert.
Et espérer que le dialogue pourra se faire avec les principaux intéressés.

On s'étonne beaucoup de l'autocensure.... mais n'est-elle pas déjà déjà présente un peu partout dans le monde de l'art? (et ailleurs?). Aujourd'hui elle est effectivement sur le devant de la scène, mais demain elle sera toujours aussi présente, invisible mais présente.
A ce propos et au sujet de l'exposition un article sur la revue Poptronics : http://www.poptronics.fr/Humain-trop-humain. On y trouve une image du dispositif de censure : une ridicule cimaise en papier...

Outre cette question de censure, n' y allait vous pas un peu fort sur la phrase :
"Je suis persuadé que ceux qui ont censuré ces oeuvres, sont des pédophiles latents ou avérés "
De quel droit insulter les gens ??? Que savez vous de leurs vie ?? Et c'est une question de principe avant tout, pas de "est ce que ce sont des pédophiles ou pas ?" ... Cela m'étonnerait fort que Mr Hubert soit mal attentionné ...

Il faut être bien ignare pour ne pas savoir que la nudité du père est un agression pour son fils, faire bien peu attention à ses réactions. Même sans sexe visible, la virilité du père ne peut être affichée que jusqu'au point où elle évoque encore la protection et le confort qu'elle procure. Au-delà il s'agit simplement d'un alpha-mâle qui prend l'ascendant sur son fils en exhibant sa force brute et éventuellement sa force sexuelle. Ce père soit-disant moderne ne dit rien d'autre à son fils que : "tu es à moi comme ta mère est à moi...". Cette photo est glaçante. Par ailleurs, au moment où la société met au jour, péniblement, dans la douleur, le continent caché de l'inceste il est normal que les sensibilités soient exacerbées et donc... respectées. Dire que l'art est censuré en France est risible. J'ajoute encore que j'ai une relation toujours très tendre avec mon fils de treize ans...

Il est vraiment dommage de supprimer de tels clichés. Je n'ai jamais été pris en photo nu avec mon fils, mais je l'ai tenu nu lui aussi, dans mes bras ou sur mes genoux. Jamais une mauvaise pensée ne m'est venu à l'esprit. Mon fils, devenu adulte et père lui aussi a eu l'occasion de reproduire cette image. Privilégions ces rapports exceptionnels entre pères et enfants et ne censurons pas abusivement ces clichés.

Bjr a tous je suis model aussi et franchement je trouve abuser de poser avec des enfants etant moi meme papa j amais je ne pourraitfaire ca c estassez choquant
au passage visiter mon site HTTP://MEDERIC.BOOK.FR

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