Lycéens: Facebook et SMS, les nouveaux outils d'une mobilisation rapide mais difficile à cadrer
MANIF - Ambiance électrique, mais sans débordements. Les lycéens étaient encore 2000 à manifester cet après-midi dans les rues de Bordeaux pour la journée nationale d'action de l'Education nationale. Cependant, contrairement à hier, aucun incident n’a été signalé. Partis de la place de la Victoire à 13 heures, après différentes AG ce matin et une tournée des établissements pour tenter de mobiliser les élèves, les petits groupes ont tous convergé vers la place de la République. «Darcos démission», scandaient les élèves. «Nous sommes la jeunesse et nous allons lutter».
Très bruyant et très énervé, le cortège était largement encadré de forces de police. De quoi rassurer les organisateurs, qui ne disposait que de quinze personnes pour le service d’ordre, et ne cachaient pas leurs craintes d’être «très vite débordés». «On essaye désespérément d’expliquer que plus il y a de dégâts et moins on nous écoute», souligne notamment la représentante de l’UNL, Juliette Pourtier. «A partir du moment où on reste dans le calme, ce sera une bonne mobilisation», espérait aussi Nina Bouzekri, du lycée Eli Faure.
«Le problème, c’est que comme la mobilisation passe essentiellement par Facebook et par SMS, elle va très vite, mais elle est aussi très difficile à cadrer», pointe Aurélien Olivera, le secrétaire général de la FIDL. «Tout le monde peut se revendiquer l’auteur de tel ou tel mot d’ordre, ou le modifier à sa guise». «On diffuse super rapidement, mais on n’a aucun contrôle», appuie Adli Takkal Bataille, du lycée Max Linder à Libourne. Certaines décisions prises en AG peuvent être contredites par des SMS mis en circulation à peine quelques minutes plus tard. Facile et tentant, du coup, pour les perturbateurs, d'essayer d’utiliser ces failles.
Mercredi, onze interpellations avaient émaillé les rassemblements. D eux lycéens étaient présentés ce matin à un juge pour enfant, pour des dégradations. Et un troisième, âgé de 18 ans, a fait l'objet d'une comparution immédiate pour «violences» contre un policier. Quatre mois de prison fermes ont été requis contre lui.
Pour éviter le ralliement d’environ 300 lycéens de la Rive Droite, où ont eu lieu des incidents au cours des derniers jours, les forces de l’ordre avaient fermé en début de journée, l'accès au pont de Pierre. Le dispositif a finalement été levé vers 14 heures. Et la manifestation a pu avoir lieu dans le calme.
Laure Espieu
(Photo Nicolas Tucat)



Vivons heureux, vivons cachés. Informaticien de métier, je n'adhère à aucun de ces réseaux virtuels. J'ai mis 6 mois à me débarrasser des traces de mon nom sur Google (pseudo le plus couramment utilisé, nom prénom de ma véritable identité). Ceux qui poussent des cries d'orfraies vis à vis des dispositifs de fichier policiers et judiciaires sont hélas les mêmes que ceux qui adhèrent à ces réseaux sociaux virtuels ; Ces mêmes qui crient haro sur le fichage policier fournissent parallèlement aux espaces "sociaux" leurs identités, leurs habitudes, renseignements intimes, etc. Ces mêmes qui revendiquent "1000 amis" (virtuels), mais incapable de découvrir les vraies relations humaines au sein d'une association. Et ne sachant plus depuis longtemps dire bonjour au voisin de pallier... Quoi qu'il en soit, même en l'absence de fichiers policiers... et grâce aux réseaux sociaux virtuels, un régime totalitaire disposera hélas d'une police efficace...
Rédigé par : DanielC35 | 10/12/2008 à 23:11
l'objectif d'une manifestation de lycéens n'est pas d'etre "cadré' , "d'avoir le controle" mais bien au contraire un certain chaos et une inorganisation festive. L'auteur de l'article semble le regretter, moi non... Les jeunes (et moins jeunes) ont desormais ,par les nouveaux moyens de communication, la possibilité d echapper a la propagande des medias traditionnels qui vehicule toujours les memes idees. Moi je ne m'estime pas rassuré quand un cortege est largement encadré par de forces de police. Il est vrai que voir un CRS avec casque et matraque rassure (comme indiqué dans l'article) et est toujours prompt à la discussion amicale avec des manifestants...
De plus avec les nouvelles mesures securitaires prises , celui qui n'obtempere pas prend de la prison ferme alors que le matraqueur est augmenté. Au fait on fetait pas les 60 ans de la declaration des droits de l'homme.
Rédigé par : fred | 10/12/2008 à 23:43
Tiens cela aurait pu être dans le documentaire d'envoyé spécial sur Facebook! lol Plus sérieusement FB est un super outil de mobilisation (demandez à Barack Obama) mais oui les failles existent. De toute façon il n'y a aucun moyen d'empêcher les casseurs de perturber une manif, ils sont là pour ça, ils ne cherchent que ça.
Rédigé par : Guillaume | 11/12/2008 à 00:02
"Pour éviter le ralliement d’environ 300 lycéens de la Rive Droite, où ont eu lieu des incidents au cours des derniers jours, les forces de l’ordre avaient fermé en début de journée, l'accès au pont de Pierre. Le dispositif a finalement été levé vers 14 heures. Et la manifestation a pu avoir lieu dans le calme."
Et ça ne choque personne ? Pourquoi tous n'ont pas pu rejoindre le cortège de la manif' ? Je suis étudiante et je suis outrée d'une telle décision, soit disant pour obtenir le calme. Chacun a le droit de manifester comme il le souhaite et où il le souhaite.
Rédigé par : Saya | 11/12/2008 à 00:15
Un lyceen de 18 ans prend 4 mois ferme pour violence sur policier... et combien prennent les policier qui bastonnent les ecoliers pendant les manifs. Oupsss ca n arrive jamais.
Rédigé par : un mec de droite | 11/12/2008 à 03:47
je ne suis pas en accord avec l'article de Laure Espieu, des troubles ont eu lieu devant Mauriac, violences causées par la charge des policiers alors que les élèves manifestaient pacifiquement. Une mère d'élève a été molestée et une élèves aspergée de gaz. La fermeture du pont de pierre stigmatise les jeunes de la rive droite, les faisant passer pour des criminels. C'est totalement inadmissible.
Rédigé par : riquita | 11/12/2008 à 06:44
Le Pont-de-Pierre avait hier midi pris l'allure d'un corridor rappelant honteusement les territoires occupés : les CRS filtraient le passage et empêchaient certains jeunes de franchir le pont ... Un bel exemple de discrimination et de négation de la liberté d'expression au pays de Sarko et de Darcos, notre pays aussi. Les jeunes ont raison de résister
Rédigé par : D. Saint-Marc | 11/12/2008 à 07:14
Droit de manifesté baffoué et stigmatisation géographque ?
Comme Saya et Riquita je suis profondément inquiét par l'attitude adoptée par la préfecture qui a empêché les élèves et autres manifestants de passer de la rive droite à la rive gauche et qui a permis que les forces de "l'ordre" agressent les lycéens qui manifestaient pacifiquement devant le lycée F Mauriac. Malgré la demande du proviseur adjoint qui ne souhaitait pas de violences policières, ces derniers n'en n'ont pas tenu compte et ont envoyé des gaz. Serait ce pour se "venger" de l'agression du policier ? est ce bien le rôle de la police de faire monter la pression au risque de débordements ?
Merci à Laure Espieu d'enquêter sur cette stratégie et sur les raisons de la violence policière.
Merci enfin d'éviter les amalgames : rive droite/casseurs.
Un parent d'élève du lycée François Mauriac.
Rédigé par : dominique | 11/12/2008 à 09:21
comentaire d'une journaliste du pays basque : ça bouge aussi beaucoup sur Bayonne : 2000 lycéens lundi, 900 jeudi ; quelques débordements mais surtout une organisation qui se structure grâce aux filles au fil des jours: le mouvement pourrait se poursuivre jusqu'aux vacances de noêl.
lire articles sur www.lejpb.com
Le Journal du Pays basque
Rédigé par : anto68 | 11/12/2008 à 11:56
et toujours cette masse manipulée et décervellée qui suit comme des moutons des slogans caricaturaux qu'ils ne comprennent même pas. A l'époque on savait pourquoi on gueulait puig antig garoté par Franco et tous ces beaux combats . bon le bon côté c'est qu'ils s'amusent mais pitié qi'ils ne prétextent rien d'autre.
Rédigé par : titou | 11/12/2008 à 13:15
Je trouve ca honteux que les crs aient bloqués le pont de pierre par peur d'avoir des casses alors que c'est eux qui en ont causé rive droite. Dire que c'est eux qui sont chargé de notre sécurité!! Ca fait peur.
Les jeunes ont le droit de pas être d'accord, ils ont le droit de manifester sans être considéré comme des gens violents..
Rédigé par : Ludi | 11/12/2008 à 14:06
Bien d'accord avec Dominique. Au lycée François Mauriac, mercredi, les lycéens manifestaient pacifiquement et avaient instauré avec les policiers déjà sur le terrain, un climat confiant, Ces derniers n'ont pourtant plus eu voix au chapitre dès l'arrivée des cordons de CRS. Qui donc a demandé aux CRS d'intervenir subitement, à coup de lacrymogènes, sans sommation aucune ni avertissement d'usage. Il n'y avait pas de "casseurs" à l'horizon, il n'y a pas eu de "provocations".
L' intervention des CRS était donc totalement disproportionnée avec la situation: élèves du Lycée Mauriac pacifiquement manifestant sans violence aucune. Il ne fait aucun doute désormais que les dérapages "sécuritaires" existent, que certaines opérations policières disproportionnées entretiennent un climat de tension de peur, de défiance contreproductif qui , au lieu de "calmer les esprits", pourrait engendrer bien des débordements. Bloquer la rive droite par des cordons de policiers, empêcher les manifestations pacifiques, par "prévention pour sécuriser la rive gauche", ne peuvent être perçus, par nous parents d'élèves, que par une volonté délibérée puisque récurrente de stigmatiser tous les élèves de tous les lycées rive droite , d'amalgamer en un raccourci saisissant casseurs= lycéens rive droite, ou d'ostraciser, de manière simpliste et d'une bêtise confondante, la population de certains quartiers de Bordeaux mais aussi celle dont les lycées de secteur râtissent au delà, jusqu'à l'Entre-deux-Mers, enfin quoi la jungle!
Une parente d'élève du Lycée François Mauriac dont la fille a joyeusement respiré les gaz.
Rédigé par : kahombo | 11/12/2008 à 15:14
Les lycéens savent très bien pourquoi ils font grève : ils défendent leurs intérêts.
D'ailleurs... une petite question me chatouille la salle de classe...
POURQUOI LES PARENTS D'ELEVES NE MANIFESTENT-ILS PAS AVEC LEURS ENFANTS ?
Qu'est-ce que c'est que cette génération qui démissionne, qui ne se bat pas aux côtés de sa progéniture ???
Car (faut-il le rappeler ?) c'est vous, c'est nous, parents d'élèves qui auront à payer des frais de scolarité très élevés dans des boites privées, derniers lieux où nos gosses pourront avoir cours dans des classes à effectifs réduits, profs compétents...
Car, à la longue, les bons profs n'iront plus dans le public enseigner dans des classes bondées, avec des heures en baisse et les salaires qui vont avec. Il ne restera alors qu'un Lycée public pour les pauvres, à l'américaine.
Quand est-ce que nous comprendrons qu'un service public de qualité bénéficie à l'ensemble de la population, pauvres et riches... Il est la clé de l'ascension sociale... ou du moins un rempart à la régression sociale !
Rédigé par : marcuz | 11/12/2008 à 17:46
"L'autre rive" ou comment ne pas penser à cette habitude récurrente de diviser, opposer.
Le journaliste qui a pris la responsabilité d'écrire de telles allégations n'a certainement pas effectué l'enquête qu' il aurait du faire:
Le policier blessé, n'avait semble t il pas son brassard au bras quand il a été atteint. Dans cette foule,il était alors très difficile de savoir qui était qui. De plus la question se pose de savoir pourquoi il n'avait pas son brassard? Quel dommage que le journaliste n'est pas enquêté auprès des forces de l'ordre.
Pas enquêté non plus sur la demande du Proviseur adjoint de ne pas avoir recours aux violences policières.
Pas enquêté non plus sur la disproportion policière par rapport à une situation pacifique et pour une fois sans casseurs. Pourquoi les élèves d'une rive seraient plus ou moins bien du simple fait de leur provenance géographique?
Devons nous tous déménager de "l'autre côté" vers la place de la victoire sans doute pour pouvoir manifester sans avoir à traverser le pont de pierre bloqué comme en temps de guerre!
Le pays des droits de l'homme ne serait pas le pays des droits des élèves et de leur parents???
Rédigé par : xavier | 11/12/2008 à 17:52
Concernant les agressions policières... une seule solution : les parents d'élèves devraient porter plainte au Tribunal Administratif pour violence disproportionnée (voie de fait), violation du droit de grêve.
En fait, la Préfecture profite de l'absence de règlementation du droit de grêve des lycéens pour faire ce qu'elle veut et agir hors-cadre juridique. Une plainte, médiatisée serait l'occasion de porter la question sur la place publique.
Sinon, les lycéens continueront à se faire cogner dessus... ou pas. C'est selon... le Préfet, l'humeur, le temps, les astres...
Rédigé par : marcuz | 11/12/2008 à 17:53
Y va où Darcos ?
Il voit pas le mur ?
Rédigé par : Thèmis | 11/12/2008 à 18:27
ca commence à devenir relou ces manifs de lycéens qui se croient rebelles alors qu'ils sont enréalité issus de familles aisées...
Avant de porter haut et fort des idéaux très jolis commencez par respecter la base :
LA LIBERTE DES UNS SARRETE LA OU COMMENCE CELLE DES AUTRES
Alors arrêtez de bloquer le tram svp et d'empêcher les autres étudiants d'aller bosser.
Et puis si vous ne comprenez pas, on viendra vous expliquer comme au bon vieux temps du CPE, où vos pseudos blocages n'ont pas fait long feu.
Rédigé par : nicolas | 12/12/2008 à 13:26
Je suis triste de ne pas voir les parents qui sont d'accord avec leurs enfants manifester dabs les rues avec ces derniers. Ils devraient les soutenir !
PS: Je cherche l'heure et le lieu de départ de la manifestation sur Bordeaux le 18 décembre et je ne trouve pas. Mon adresse esperanzadeamor@hotmail.fr
Rédigé par : Automne | 18/12/2008 à 09:28
Hélas,en France c'est comme cela.
un gardé à vue éternue,ou pète trop fort ,il est jugé pour outrage,rébellion,et ce en comparussions immédiate.
Mais de policiers usant de Batte de base ball,mettant des gifles,des policiers qui insultent,des policiers qui ne respectent pas les droits de l'homme,eux ont une médaille.
Même si après avoir subit ces tortures(il n'y a pas d'autres mots)une ITT de 6 jours a été donner.Dépôt de plainte,cela va de sois,puis expertise chez médecin légiste qui confirme cette ITT,depuis ,ce n'est que"On ne porte pas plainte contre la police".
La France à beau critiquer les geôles chinoise,La France voudrai donner des leçons sur les droits de l'Homme à la Turquie ,mais que la France balaye devant sa porte.
des violences policière ont toujours existé,mais il y'a 30 ans personnes n'osai en parler,aujourd'hui on ose le faire ,mais les plainte n'aboutisse que très rarement.
Il fut un temps ou on employé les mêmes méthodes pour faire parler les gens ,mais il est vrai que c'est dans les gènes,la police française à beaucoup collaborée ,à une époque ou faire parler était devenue un jeu.Heureusement que célestin n'est plus là
Rédigé par : arnaud | 30/11/2009 à 18:44