Parmi les chercheurs la réflexion est engagée pour mieux protéger les forêts
PREVENTION - Après avoir essuyé deux tempêtes majeures en neuf ans, la forêt française réfléchit à modifier ses pratiques pour survivre. D'autant qu'en 1999, les leçons avaient été tirées, mais peu suivies. En 2000, devant l'ampleur des dégâts causés par les ouragans Lothar et Martin, l'INRA avait en effet lancé un ambitieux programme de recherches, doté d'1,5 million d'euros. Depuis, beaucoup des travaux ont été abandonnés «avec le sentiment que ça ne se reproduirait pas. Et les enseignements tirés ont été peu suivis par la profession», regrette Christophe Plomion, l'un des experts forêts de l'INRA (Institut national de recherche agronomique). Pourtant, aujourd’hui, la question se pose : ce qui était perçu comme un incident de parcours est-il en train de devenir la norme? «Les propriétaires s'inquiètent de perdre leur patrimoine tous les dix ans», constate le spécialiste.
Pour lui, une première mesure doit concerner la révision de l'aménagement du territoire. Comme cela avait fait après les grands incendies de la fin des années 40 qui avaient ravagé près d'un tiers du massif landais. A l’étranger, plusieurs pays exposés à des vents violents se sont déjà lancés dans de telles démarches. La Nouvelle-Zélande a ainsi dressé des haies de thuyas aux lisières de ses forêts en guise de paravents. Autre exemple, en Ecosse les peuplements sont organisés graduellement du plus petit au plus grand, de façon à ce que le vent «glisse» sur les arbres plutôt que de les forcer. «Cette réflexion a été peu conduite en France. Mais cette fois, la donne est différente», juge le chercheur.
Les experts préconisent également de raccourcir les rotations pour limiter la casse. «Il faut gagner 10 ans, pour une longévité maximale des arbres de 35 ans», estime notamment Laurent Piermont, président de la société forestière de la Caisse des dépôts qui gère 70% des forêts institutionnelles. «On aura des arbres moins grands, et donc statistiquement moins de chances de les perdre». Dans les Landes, cette tendance est déjà en cours. Beaucoup de propriétaires tournent autour de 40 à 50 ans depuis 99 avec l'idée de ne pas dépasser les 25-35 mètres de haut. Idem dans le nord, où des hêtreraies suivent le même raisonnement, et commencent à réduire les révolutions - de 180 ans pour les plus vieilles - à 80 ou 100 ans.
Mais Bernard Gamblin, Directeur Technique et commercial du bois à l'Office national des forêts (ONF) nuance ce parti pris : «Il faut trouver le bon équilibre entre produire plus et protéger mieux», explique-t-il. «La rotation est une réponse possible, mais alors on ne produit plus tout à fait les mêmes arbres. On fait notamment moins de bois d'oeuvre, alors que c’est justement celui qui paie les investissements».
D’autres, cependant, aimeraient aller beaucoup plus loin, et ne voient de salut que dans la diversité. Comme François Lefèvre, animateur du réseau Forêts de la fédération France Nature Environnement, pour qui «il faut admettre l'introduction d'autres essences et accepter la baisse des rendements». Argument : «les feuillus sont moins vulnérables, puisqu'ils offrent moins de prise au vent que les résineux: même s'ils sont peu productifs et pousseront mal, ils produiront toujours du bois de chauffage». Et le réseau précise qu’une circulaire d'août 2000 «recommandait la diversification». «Mais passé le temps du débat, tout le monde a repris ses habitudes», regrette-t-il, évoquant aujourd’hui «un rendez-vous manqué».
Reste surtout que les sylviculteurs de la forêt des Landes sont plutôt hostiles à cette solution. Pour eux, le pin maritime demeure le mieux adapté à cet environnement. Et ils font remarquer qu’à partir «d'une certaine vitesse de vent, aucune solution ni aucune variété ne garantira l'absence de dégâts».
(Avec AFP / Photo Reuters)



Dans les Landes, souvent, ce qui a été replanté après 99, a été détruit comme ce qui avait survécu à l'époque.
Outre cela, des coupes franches de plantations existantes, pourtant protectrices, ont été éffectuées, et dès lors, cette nouvelle tempête a pris un plaisir malin à abattre ce qui avait survécu.
A Lège-Cap Ferret, par exemple, l'ONF, n'a pas toujours assuré.
Sans flagornerie, chapeau pour son implication à M. Sammarcelli dans la gestion de la post-tempête.
Rédigé par : Sylvania | 30/01/2009 à 18:16
Dire qu'il faut diversifier les variétés c'est trés bien mais possédant un bois à Mimizan(40) avec des essences variées et espacées ,je peux vous dire que mis a part les 2 platanes , quelques chenes de 6 ou 7 m de hauteur,donc jeunes et les chenes liéges qui sont de petite taille dans ces terres là.tout le reste est à terre. il y avait pourtant une douzaine de variétés plantées de façon diffuse.Alors que faire?
Rédigé par : philippe | 31/01/2009 à 09:11
Encore des études très théoriques..... Et la nature des sols ??? Comme toujours on prétend que les propriétaires sont stupides, avides ou inconscients.... Les propriétaires qui dépensent 3.000 Euros pour replanter un hectare de pins où 10.000 Euros pour replanter un hectare de chênes le font au mieux de leur nature de sols.
Il est très français d'avoir des dits "spécialistes" qui prétendent donner des leçons.
Les bois de feuillus ont moins soufferts, car leurs racines ont plus d'assises dans le sol qui leur CONVIENT. Mais même là des chênes tricentenaires et entretenus (et classés MH) ont été déracinés.
La fin de l'article est la seule "VERITE" : "A partie d'une certaine vitesse de vent, aucune solution ni aucune variété ne garantira l'absence de dégâts".
Cette phrase doit être complétée par l'état d'HUMIDITE du sol où se fait l'enracinement : dans les Landes, il avait plus depuis de nombreuses semaines très abondamment et les sols étaient complètement détrempés au moment de la tempête.
Ce facteur explique avec la vitesse du vent l'ampleur de la catastrophe.
Pour les pins plantés dans un terrain sablonneux, la pluie a transformée le sol en un terrain instable.
Il ne faut pas oublier que les Landes étaient un grand marécage insalubre avant que les ingénieurs sous Napoléon III y introduisent la culture du pin maritime et réussissent à les assainir.
Quand à la rotation des bois, messieurs les soit disant experts disent "il faut gagner 10 ans", c'est IMBECILE: on coupe un arbre quand il est à maturité: selon les parcelles , si le pin est à maturité à 35 ans : on le coupe, s'il faut attendre plus, on attendra pour le couper.
Pour les coupes, il y en a plusieurs et régulières dites "de dépressage" bien avant la coupe rase.
Pour intervenir dans les bois, il faut le faire au moment propice: les sols doivent être secs pour les engins" et il ne faut pas couper en période de canicule à cause des risques d'incendie.
Ayant été un des expert et acteur de la filière agricole au sens large, je suis STUPEFE par tout ce que je lis.....et attristé de lire que du personnel de l'INRA est pu commettre un tel papier.
Rédigé par : kecebo | 31/01/2009 à 09:24
Comme d'habitude les sylviculteurs réagissent comme les agriculteurs. Ils ne veulent pas s'assurer car c'est très cher (c'est vrai)mais aussi car ils font le calcul difficile de la probabilité du risque. S'ils agissaient autrement, ils ne seraient pas les dindons de la farce. Ils ne pensent qu'aux revenus substanciels qu'ils percevront.
Néanmoins je le plains car ils font un métier qui à certaines périodes de la pousse est très difficile. Seuls les gros propriétaires ont les moyens de payer des entreprises pour faire ce boulot.
Rédigé par : TYZEF | 31/01/2009 à 09:28
La tempête n'est pas dramatique seulement que pour la forêt.
Elle l'est aussi pour les malheureux qui reçoivent gratuitement des arbres sur leur maison, alors q'il serait facile et moins coûteux de supprimer ou de raccourcir ces arbres qui représentent et représenteront inévitablement le même danger un jour ou l'autre.
Les expériences de 1999 et 2009 devraient suffire et il serait temps qu'une loi préventive soit enfin votée dans ce sens.
Rédigé par : denise | 31/01/2009 à 17:31
Faudrait juste voir à ne pas confondre la très particulière forêt landaise (vastes futaies régulières monospécifiques) et le reste de la forêt française, beaucoup plus variée, tant du point de vue des espèces que de la structure des peuplements. Jusqu'en septembre dernier, j'étais encore forestier en Normandie et je peux vous assurer que les leçons de 1999 ont bel et bien été tirées. Essayez d'embarquer des propriétaires forestiers normands dans de vastes projets sylvicoles artificiels (du type de la forêt landaise) et vous allez voir leur réaction...
Rédigé par : Romuald | 31/01/2009 à 17:39
Maintenant que ces arbres sont par terre, peut-on imaginer de panter sur place des éoliennes ? çà permettrait quand même d'assurer une production éco d'électricité, de générer des emplois etc.
Mais effectivement, c'est quand même moins beau !
Rédigé par : thomine | 03/02/2009 à 12:41
Quelles sont les solutions actuellement envisagées pour valoriser les arbres à terre ?
Je pense que la solution serait de transformer la biomasse en liquide (BtL) - (Biomass to Liquid), ce qui permettrait de transporter et stocker facilement l'énergie stockée dans la biomass et de l'utiliser ultérieurement.
Je dispose de la technologie nécessaire;
Isaac Behar
Rédigé par : Isaac Behar | 27/02/2009 à 14:20