Remobilisation difficile pour les lycéens bordelais
MANIF- «On a froid, on n'est pas nombreux mais on est toujours là»: Antoine, élève de 1ère et manifestant, affiche, au retour des vacances scolaires, sa volonté de rester mobilisé contre la réforme du lycée, malgré l'annonce de son report par le ministre de l'Education. «Il faut réformer le lycée, bien sûr, mais pas avec cette réforme-là», rappelle Antoine, 17 ans, qui, une trompette dans une main et un mégaphone dans l'autre, veut réveiller «un mouvement qui s'est endormi». La réforme qui était souhaitée par Xavier Darcos aurait accru les inégalités entre «un lycée comme le nôtre, classé en ZEP, et, par exemple, un lycée de Bordeaux centre», selon ce lycéen de Lormont. «On est là aussi pour se battre contre les suppressions de postes. Avec moins d'enseignants, on sera 40 ou 50 par classe, ce sera le bordel», assure encore cet élève de 1re ES, qui a la bénédiction de ses parents pour se joindre aux cortèges «tant que les notes suivent». A Bordeaux, où les manifestations avaient rassemblé jusqu'à 6.000 lycéens avant les fêtes, le premier rassemblement de l'année n'a toutefois pas rencontré de grand écho avec seulement 150 manifestants, selon la police.
«C'est minable (...). Mais j'espère que le fait de se faire ridiculiser (en défilant à 150) va permettre à ceux qui sont restés chez eux de se réveiller», peste Antoine. Javier, 18 ans, en terminale S dans le même lycée à Lormont, entend aussi «prouver qu'on est des jeunes adultes en allant au bout».
Pauline, 17 ans, élève en terminale ES à Blanquefort, redoute pour sa part que Xavier Darcos ne fasse passer la réforme en juin quand «la mobilisation sera moins forte avec le bac. C'est maintenant qu'il faut se battre!», lance cette membre de la coordination lycéenne bordelaise, plaidant pour «des opérations coups de poing plus ciblées» en janvier pour entretenir la lutte malgré «la démobilisation», «le bac» et «le froid».
Car le mouvement, au-delà d'une demande de retrait de la réforme Darcos et de la protestation contre les suppressions annoncées de postes, entend aussi exprimer l'inquiétude des lycéens sur leur avenir, affirme-t-elle. «Avec la loi Pécresse qui est passée l'an dernier, la fac est devenue plus sélective. On n'est pas très optimistes. Ceux qui ne sont pas inquiets, ce sont qui pourront se payer une école de commerce ou une grande école», selon elle. «Grandir nous inquiète», confirment en choeur Pauline et Melissa.
(Avec AFP)


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