Le président de Bordeaux 3 appelle à la poursuite du mouvement hors blocage
UNIVERSITE - Elu en pleine mobilisation contre la loi LRU, Patrice Brun se rend demain au ministère pour présenter son calendrier d’organisation des examens. A la fois hostile aux réformes, et partisan d’une reprise rapide des cours, il explique sa démarche.
Est-il encore possible aujourd’hui de sauver le second semestre ?
Oui, si comme nous l’avons pensé, les cours reprennent le 4 mai. Nous pourrions alors organiser un rattrapage des enseignements jusqu’au 5 juin, et ainsi valider 60 à 70% du semestre, soit 80 à 85% de l’année. Car avant le début du mouvement, les étudiants ont eu entre deux et six semaines de cours selon les formations, ce qui nous amènerait à un volume global de sept à onze semaines sur les douze d’un semestre ordinaire. Aujourd’hui, c’est extrêmement compliqué à mettre en place, car toute la question est de savoir si la mobilisation va s’éteindre comme par miracle début mai. Et étant donné la position butée des ministres, je n’y croit pas tellement. Il faut savoir cependant qu’on s’approche du point de non retour. Si le blocage se poursuit au-delà de cette date, l’année sera probablement enterrée, il n’y aura pas d’examens, et le semestre sera renvoyé à l’an prochain.
Actuellement, de quelle visibilité disposez-vous ?
J’essaie de promouvoir d’autres formes d’action, qui permettent de
continuer à manifester l’opposition aux réformes sans pour autant tout
bloquer. Je me suis notamment engagé, même après la reprise des cours,
à prêter des amphi pour l’organisation de débats, par exemple. Je veux
mettre en place, du 27 au 30 avril une semaine de remise en route, avec
des rencontres thématiques, des AG par branche d’enseignement, pour
ramener les étudiants sur le campus. Parce qu’aujourd’hui, la
mobilisation s’effondre. L’AG de cet après-midi n’a rassemblé que 300
personnes, alors qu’ils étaient 1500 au début du mouvement. On ne peut
pas rester dans cette situation de paralysie qui n’amène rien.
Les étudiants les plus modestes ne risquent-ils pas d’être les plus pénalisés par la mise en péril de leur année ?
Bien sûr que si, et ils sont nombreux, nous ne sommes pas en fac de droit ou de médecine. Et le pire c’est que je crains que le gouvernement ne se fiche complètement de ce que les étudiants, et en particulier en lettres et sciences humaines, aient leurs examens ou pas. Ca fait tache, mais c’est pas trop leur problème. Par contre, pour moi, il est impossible de laisser 10.000 étudiants à la rue à la fin de l’année. Et à ceux qui se bercent d’illusions en pensant que l’année sera validée sans enseignements, ou seulement sur la base du premier semestre, je précise que c’est strictement impossible. Une motion de ce type a été adoptée en AG, mais il faut que les choses soient claires, seul le conseil d’administration a le pouvoir de décider. Il se réunira le 29 avril, et s’il décide, comme je l’espère, la reprise des cours, les enseignements reprendront le 4 mai. Chacun doit comprendre qu’il est maintenant de la responsabilité de tous de concilier cet impératif et la poursuite de la mobilisation.
Laure Espieu



L'Assemblée générale du lundi 20 avril sur le parvis de l'université de Bordeaux 3 rassemblait plus de 800 personnes, ce qui était très inattendu compte tenu des vacances (et du soleil). Le président n'a-t-il vu que "l'angle mort" ?
Rédigé par : bouquet | 20/04/2009 à 21:27
Quelques erreurs se sont glissées dans les réponses de M. Brun:
* A propos de la validation du second semestre: Pécresse a dit qu'elle ne retirerait pas les réformes, le recteur a dit qu'il ne validerait pas le second semestre sans contenu pédagogique: et alors? Croyez-vous réellement qu'il peuvent refuser de valider le semestre de 14000 étudiants? 14000 étudiants qui redoublent, c'est la moitié du budget annuel de l'université dépensé en pure perte (chaque étudiant coûte 6800 euros par an à l'Etat) ; n'oublions pas que l'obsession du gouvernement, c'est de faire des économies sur le non-rentable !
* A propos d'une éventuelle reprise des cours: il est strictement impossible de construire une mobilisation et de travailler ses cours en même temps. L'occupation n'as pas été votée pour rien: écrire, tirer, diffuser les tracts, préparer, discuter, organiser les AG's, préparer, organiser, discuter des actions, faire le lien avec les autres facultés à Bordeaux comme en France, avec le secondaire et le primaire, faire des tours téléphoniques pour informer des réunions, faire des réunions le dimanche avec les lycéens, préparer les cours hors les murs, faire circuler l'information, écrire, répondre aux médias, faire des affiches, coller les affiches, convaincre partout autour de nous, faire la ronde des obstinés, analyser la situation politique, réfléchir aux perspectives de lutte, préparer et aller aux coordinations nationales, aller en réunion: commissions accueil-animation de l'occupation, matériel, externe, interne, presse, interfac, interpro, actions et puis sauvons l'éducation 33 etc etc.
L'implication est directe: La reprise des cours, c'est la fin du mouvement.
* "la mobilisation s’effondre" ? : cinquante facultés en France sont mobilisées, dix d'entre elles sont entièrement bloquées ou occupées, une vingtaine a décidé d'une manière ou d'une autre de lutter pour la validation du second semestre pour tous, les manifestations ne faiblissent pas en nombre, les actions coup de poing (blocage, occupation) se multiplient et des rondes des obstinés fleurissent partout en France.
* "l'AG de cet après-midi n’a rassemblé que 300 personnes" ? : les verres de vos lunettes doivent diviser les nombres par deux ! Et encore... 800 personnes environ, pour une AG en pleines vacances et non-décisionnelle. Elle a été appelée pour que nous discutions tous ensemble, sans vote à l'issue, des perspectives du mouvement. Une véritable AG de lutte: nous y avons discuté de la privatisation des services publics (énergie, poste, hôpitaux), de l'état de la mobilisation chez les primaires: de la convergence des luttes. La détermination des mobilisés à poursuivre la lutte et à maintenir l'occupation était évidente. L'atmosphère était à l'enthousiasme et à la détermination.
* "Les étudiants les plus modestes ne risquent-ils pas d’être les plus pénalisés" ? : 3000 euros de frais d'inscription avec la LRU, un tiers de contenu disciplinaire par année en moins avec le plan licence, une année de salaire en moins avec la masterisation, dix facs élitistes qui seront amenées à sélectionner les étudiants avec le Plan Campus (nous vous rappelons au passage que les actions d'EDF avec lesquelles le Plan Campus devait être financé ont chuté: seules trois facs pourront désormais être financées!!!), des enseignants jugés mauvais chercheurs avec la réforme sur le statut des enseignants-chercheurs qui feront des cours déconnectés de toute recherche...
Un semestre en moins ou le sacrifice d'une formation de qualité accessible à tous? Le calcul pour un étudiant précaire est vite fait.
Par ailleurs, rappelons que le rapport Lambert préconise l'application de la loi LRU aux services du CROUS: augmentation des tickets resto-U, baisse du montant et du nombre de bourses allouées aux étudiants, et développement de l'endettement étudiant !
De toute manière, Patrice Brun et l'administration peuvent bien décider ce qu'ils veulent, toute une partie des enseignants ont déjà annoncé qu'ils feraient grève et ont signé nominativement un texte indiquant qu'ils useraient de leur droit indviduel de grève en cas de reprise des cours.
Nous rappelons de plus que le mouvement s'est donné comme forme démocratique de délibération et de décision les assemblées générales, et que par conséquent, nous ne rentrerons en cours que si l'AG le vote.
Nous restons plus déterminés que jamais, continuons tous ensemble jusqu'à la victoire !
Blandine, Camilia, Caroline, Louise et Yohan, étudiant(e)s Bx3, précaires et mobilisé(e)s.
Rédigé par : Louise, Blandine, Caroline, Yohan | 20/04/2009 à 21:43
En somme, que propose le président de la Fac face à la réforme ? Il dit lui-même que le gouvernement s'obstine à me rien entendre. Je pose donc cette question : suite à la décision de repousser la réforme d'un an, le débat est-relancé pour l'année prochaine à la même époque ?
Rédigé par : Camilo | 21/04/2009 à 09:27
Le bon sens qui répond aux intérêts de la majorité revient, mais le Snesup va essayer une nouvelle fois de le casser.
Rédigé par : coucou | 21/04/2009 à 10:54
Fermons Bordeaux 3 : je suis sûre qu'on y fait lire la "princesse de Clève" !!
Rédigé par : fleur | 22/04/2009 à 11:45
beh moi je dis on est en démocratie alors quand je vois qu'à une AG la majorité a voté contre un référendum à bulletins secrets et contre un référendum électronique (désolée mais tous les étudiants n'ont pas forcemment les moyens de revenir exprès pour un vote..)c'est vraiment du n'importe quoi ! Vous nous faites perdre du temps et de l'argent ! Payer un loyer + 1 abonnement tbc déjà 4 mois en 2009 pour seulement 1 mois et demi d'utilité c'est pas de l'argent en l'air ça? Vous nous soulez, au lieu de bosser on est en vacances !!! regardez, même si vous étiez 800 à l'AG, y'a 14200 étudiants chez eux à rien faire !!! Même pas 10 % prennent part au mouvement ! Si vous ne voulez pas étudier et passer votre temps à brailler dans les rues c'est votre problème, mais moi je suis venue à Bordeaux 3 pour étudier toute l'année et pas que la moitié ! Alors poursuivez votre mouvement comme vous le souhaitez mais laisser bosser ceux qui souhaitent le faire !! C'est du temps gaché !!! Pensez à tous ceux qui avaient prévu des stages ou avez des ptits boulots pour les mois de mai et juin ! Beh à cause de vous, c'est raté ! Voilà rien de plus à rajouter !
Rédigé par : Charlène | 25/04/2009 à 22:22
Yolande, Marco, Truc et leurs copains ont raison.
Reprendre les cours, ça risque de faire perdre du temps pour distribuer des tracts et faire marcher le moulin à prières anti-libéral (dans tous les sens du terme "libéral", comme on peut voir).
Je propose donc de "banaliser" les cours ("banaliser", en novlangue d'université bloquée, ça veut dire supprimer) jusqu'à 2012, puis 2017 si Sarkozy est réélu. Plus tard encore si le blocage de Bordeaux 3 n'a pas encore réussi à détruire le funeste processus de Bologne.
On aimerait savoir si les 1 ou 2% d'enseignants qui se sont nominativement engagés à la grève perpétuelle ont mesuré les conséquences de leur choix sur leur feuille de paie. Dans ce cas, c'est vraiment courageux de leur part.
Rédigé par : haltla | 26/04/2009 à 01:07
Y'en a marre d'être pris en otage !! Que les bloqueurs laissent bosser ceux qui en ont envie, et arrêtez d'imposer votre petit diktat ! C'est ça le vrai fachisme, votre petite politique autoritaire menée par une minoritée réactionnaire, rien d'autre.
Rédigé par : Pepsico | 01/05/2009 à 15:12
les AG sont ouvertes à tous les étudiants. L'avenir appartient à ceux qui savent se lever le matin.
Rédigé par : John Mullen | 03/05/2009 à 01:48