Evento : une biennale d'art contemporain qui se veut populaire
EVENEMENT - Offrir à Bordeaux, un évènement culturel à sa hauteur. Telle était la mission confiée à Didier Faustino, le concepteur d’Evento, ce grand rendez-vous de l’art contemporain destiné à revenir tous les deux ans. Pour cette première édition qui se tiendra du 9 au 18 octobre, Alain Juppé a donné «carte blanche» à l’architecte avec comme seule contrainte de créer un «événement populaire». Partant de là, l’artiste a réfléchi aux moyens d’y parvenir et «le projet s’est fait sur une grande idée : la concomitance d’Evento avec la Foire aux plaisirs», la fête foraine traditionnelle de l’automne. Pour Didier Faustino, une fois établie cette idée de départ, la suite est logique. La place des Quinconces s’impose comme l’épine dorsale de la manifestation avec le Grand Théâtre, l’entrepôt Lainé et la base sous-marine. Pour marquer l’emprise de l’événement sur les lieux, une grande passerelle conçue par le japonais Tadashi Kawamata sera installée entre les marches de la place des Quinconces et les bords de la Garonne. Elle enjambera les voies du tramway et symbolisera le cœur d’Evento. De part et d’autre, une scène et un chapiteau seront destinés à accueillir les expositions et les concerts qui se succèderont durant neuf jours.
Didier Faustino, commissaire d’evento a fixé deux thèmes aux artistes invités à y participer. «Intime collectif» et «monuments furtifs». «Ce sont deux oxymores et cela ouvre la porte à de nombreuses possibilités comme la présence d’œuvres mobiles qui vont se déplacer dans la ville.» Le Suisse Johannes Gees par exemple, mettra en scène l’éphémère en projetant sur les façades de la ville, des phrases glanées au hasard de ces déambulations dans les rues de Bordeaux, au mois de juillet. La compositrice Julia Wolfe, elle, va créer une oeuvre musicale qui évoluera au gré des déplacements urbains. Elle sera jouée par des musiciens embarqués sur des véhicules différents. Chacun jouera une partie de la composition et pourra croiser les autres mais ils ne se retrouveront tous ensemble que le dernier jour de la manifestation. La Coréenne, Seulgi Lee fera sûrement sourire les passants. Elle a prévu de déguiser les bus du réseau TBC en leur mettant des cagoules en peluche.
Qu’elles soient ludiques ou réservées aux connaisseurs, toutes les œuvres présentées durant Evento seront visibles gratuitement. Une volonté du Maire de Bordeaux qui souhaite avec cet événement «installer l’art dans la ville et faire participer tous les acteurs de la collectivité, des étudiants aux Ultra-Marines.» (Les slogans des supporters des Girondins seront en effet détournés par le collectif espagnol Democracia.) Evidemment cette gratuité a un coût. Le budget est estimé à un peu plus de 4 millions d’euros. Ce qui reste raisonnable pour Alain Juppé «si on compare Evento à d’autres événements comme Estuaire à Nantes qui coûte 8 millions d’euros.» Il ne reste plus qu’à vérifier que le défi de Didier Faustino de vouloir marier la carpe et le lapin, l’art forain et l’art contemporain, était bien réaliste.
Stéphanie Lacaze



Certes Nantes coûte plus cher mais dure 3 mois, pas 8 jours !!!
Rédigé par : e100sw | 29/06/2009 à 07:06
Et pendant ce temps les services de la culture de la Mairie de Bordeaux doivent mener une politique culturelle avec moins de 100 000 euros pour le spectacle vivant (hors Opéra et TNBA) avec comme argument depuis des années que la mairie de Bordeaux n'a pas les moyens de faire plus ... tout en regrettant qu'il n'y est pas assez de compagnie ayant une dimension européenne...
Rédigé par : Doudou | 01/07/2009 à 14:45
L'intelligentia de quelque bord qu'elle soit CA DAILLE!!!! monsieur Juppe n'aime pas les bateaux, n'aime plus l'Unesco, ne fait jamais du vélo et n'aime pas plus que cela les bordelais. Mais il s'aime et se mire dans son miroir d'O euh...d'eau.
Rédigé par : sarkofage | 30/08/2009 à 16:13
ù*ùoij
Rédigé par : sarkofage | 30/08/2009 à 16:14
Malgré les critiques je suis POUR et je remercie Monsieur le maire de Bordeaux de bouger dans la ville, si on ne fait rien on est critiqué et si on fait on est quand même critiqué. J'apprécie cet ouvrage en ésperant le voir encore au printemps.
Rédigé par : yug | 09/09/2009 à 17:58
4 M d'euros pour Evento, cette biennale d'art contemporain qui ne bénéficie même pas aux acteurs de la vie culturelle bordelaise, avec un grand organisateur venu tout droit de Paris et un architecte japonais. On a l'impression que M Faustino aime s'écouter parles(tant mieux pour lui) enchaînant les expressions (abs)connes et ridiculeusement pompeuses "Intime collectif" "monuments furtifs" on dirait les jingles d'une radio bordelaise "Intime collectif, monuments furtifs, evenement futile, vous êtes bien sur radio Jupé vous écoutez le grand mix" Je vous rappelle que le cinéma Jean Vigo n'existe plus depuis un an parceque la ville de bordeaux n'a pas pu accorder les 100 000 et quelques euros necessaires à son fonctionnement ( c'est dans ce cinéma que j'ai pu voir des films comme Citize Kane, Certains l'aiment chaud Les Oiseaux etc..). Les salles de concert ferment les une après les autres (L'inca, le son'art, l'hérétique ne va pas tarder...) eux qui étaient les vrais acteurs de la vie culturelle bordelaise contrairement à Evento. M. Juppé gâce à vous les façades sont plus blanches que blanches mais derrière la ville est en train de crever, ne devenant qu'un musée à ciel ouvert pour touristes fortunés. Vous étiez dans le tramway en compagnie de Fadela Amara apostrophant les bordelais "Alors elle vous plait votre ville ?" vous n'écoutiez même pas les réponses! Eh bien moi je vous le dit ma ville ne me plait pas c'est pour cela que j'ai décidé de poursuivre ma vie ailleur !
Rédigé par : Raphaël | 14/09/2009 à 12:58
trop cher , dommage que les acteurs culturels de bordeaux ne soit pas au centre de l'evenement
Rédigé par : yves | 21/09/2009 à 14:19
Bordeaux et le syndrome de l'ailleurs!
Il fallait les entendre ces petits marquis parisiens qui "allaient enfin faire quelque chose POUR cette ville " attablés à la terrasse d'un bistrot bordelais, il y a quelques mois.
Une équipée arborant les codes vestimentaires du bobo chic discourant sur le devenir culturel de la ville qui allait assurément les adouber. A les écouter s'écouter, ils montreraient de quoi le monde du dehors était capable.
Pas l'ombre d'un doute (c'était eux, assurément eux)que la Mairie entendrait. Dans ce verbillage entendu, pas l'ombre d'une interrogation sur ce qui existait à Bordeaux.LE salut allait venir de l'extérieur.Soit.Ceux de l'intérieur qui souvent se déplacent pour voir et suivre les courants comtemporains, ceux de l'intérieur qui travaillent à l'interieur vont assurément regarder avec beaucoup d'attention la production Exxxxxceptionnelle d'Evento.
Soyons certains que les mouvements d'éventails, les coups de menton et l'orchestration communicante seront passés au crible de leur intelligence car de l'intelligence, il existe aussi à Bordeaux.
Rédigé par : masha | 21/09/2009 à 21:36