Six mois après le passage de la tempête, les aides attendues n'ont toujours pas été versées
FORET - Six mois après le passage de la tempête Klaus, le 24 janvier dernier, la forêt et les paysages portent encore les cicatrices des vents violents qui ont soufflé ce jour-là sur le sud-ouest et notamment l’Aquitaine. Dans les Landes, département le plus touché, de nombreuses parcelles n’ont pas encore pu être déblayées. Sur le bord des routes, des troncs débités s’entassent en attendant de trouver des destinataires. En tout, ce sont 300 000 hectares de forêts qui ont été détruites soit 40 % du massif. Si aujourd’hui, les opérations d’exploitation et de stockage du bois «ont atteint leur vitesse de croisière. Le retard pris dans les semaines qui ont suivi la tempête se fait sentir» explique Tanguy Massart, le président de la FIBA, la fédération des industries du bois d’Aquitaine. Le plan Barnier qui prévoyait près d’un milliard d’euros en tout pour aider la filière à se relever a été très long à se mettre en œuvre. «Aujourd’hui encore, aucun des prêts bonifiés qui nous ont été promis, n’a été débloqué» fulmine Christian Pinaudeau, le président du syndicat des sylviculteurs du sud-ouest.
Même problème pour ce qui concerne les aides directes de l’Etat. Au début du mois de juillet, le préfet de la région Aquitaine annonçait «l’octroi de 93 millions d’euros de subventions pour la mobilisation et le stockage des bois de chablis sur le massif landais.» Mais dans les entreprises concernées, on attend toujours de toucher ces aides. Dans le Médoc, Alain Seguin espère toucher dans les jours qui viennent les 236 000 euros de subventions qui lui ont été accordés pour le stockage de son bois. En revanche, en ce qui concerne les prêts bonifiés, il est beaucoup moins optimiste. «C’est un véritable labyrinthe pour effectuer toutes les démarches. Je ne suis pas encore sûr d’en obtenir un.» Pour l’instant, cet entrepreneur qui exploite 400 hectares de pins comme sylviculteur et qui possède également une scierie à Sainte-Hélène a financé avec ce qu’il lui restait comme trésorerie la création d’une aire de stockage.
L’urgence pour les professionnels actuellement, c’est en effet le stockage et la conservation du bois. Il faut pouvoir le garder pour pallier le manque qui va forcément se faire sentir sur le marché dans les années à venir. «Le stockage humide, sous aspersion permet de préserver les qualités du bois abattus durant longtemps» précise Tanguy Massart, «mais ces aires de stockage coûtent cher et les petites entreprises n’ont pas les moyens de s’équiper sans aide.» Pour l’instant, un million de m3 de bois a pu ainsi être mis à l’abri mais pour le président de la FIBA, il en faudrait au moins 3 ou 4 millions pour assurer la ressource dans le futur. Car pour l’instant, les producteurs sont obligés de brader leur bois. «Les prix se sont complètement effondrés » observe fataliste, Alain Seguin. « Un bel arbre pouvait valoir 35 euros, aujourd’hui, c’est 8 euros. Quant aux prix de vente, du bois à la sortie de la scierie , ils ont chuté de 30 %.»
Reste la question du reboisement encore peu abordée. Les professionnels encore sous le choc de la perte qu’ils ont subi ne l’évoquent pas pour l’instant. «Quand on fait deux récoltes par siècle, en perdre la moitié, c’est dramatique» confie Alain Seguin. Tanguy Massart de la FIBA estime que les deux tiers de la forêt qui ont été détruits pourront être reconstitués. Mais il restera 100 000 hectares qui resteront en friche et «qui risquent d’accentuer la désertification et d’entraîner un retour des marécages.»
Stéphanie Lacaze
(Photo Reuters/ Régis Duvignau)



Doucement, pas si vite, d'abord on rembourse les 500 millions d'Euros des agriculteurs de fruits, après on s'occupera des agriculteurs de pins.
Mais entre les deux il faut faire l'emprunt d'Etat...euh, pour quoi rembourser déjà...?
Non mais !!!
Rédigé par : Zinette | 05/08/2009 à 10:57
... et d'autres "gros souffles" ont eu lieu depuis :-(
Rédigé par : Colargolette | 05/08/2009 à 12:16
ben oui toutes les aides ont été détournées indument sur les agro-fruitiers, une fois de plus. C'est à se demander qui gouverne le pays...du gouvernement ou des agriculteurs?
Rédigé par : Dinon | 05/08/2009 à 13:39
Bonjour,
Je ne comprend pas pourquoi des aides de l'Etat sont attendues ... n'est-ca pas aux assurances de gerer cette situation?
Merci de bien vouloir m'éclairer.
Rédigé par : Line | 05/08/2009 à 14:04
Zinette, tu veux dire que lors d'une catastrophe, l'état n'a plus un rôle de soutient. L'état ne compte plu alors? zéro? Rien? L'état encaisse des impôts, gère mal les priorité, distribue des milliards à la volée pour palier la ...hum...crise, et quand un cas concret , physique se présente, tout le monde se défile.
On fait des promesses médiatiques pour soutenir la filière bois, pour soutenir environnement, pour reboiser pour les générations futures...
ha oui, mais je suis con, la forêt est le symbole de la gestion durable, on plante aujourd'hui pour récolter dans 30 ou 50 ans au mieux! Quoi, un placement financier qui rapporte rien avant 30 ou 50 ans? mais il faut vivre avec son temps...la gestion durable, c'est uniquement un terme commercial ou politique au moment des élection.
Période détestable!
Rédigé par : Usim | 05/08/2009 à 14:34
le bois ne vaut plus rien (mais RIEN du TOUT : même pas 1 euro la tonne) . les professionnels ne stockent et ramassent que les bois âgés de 50 ans et EXPLOITABLES en stockage (ce qui concerne qu'une très faible partie du massif dévasté) .... de plus, il n'y a pas de moyens humains (bucherons : 2 à la CAFSA ; pas assez de débardeurs, etc..) et de plus comme les industriels ne veulent pas des autres bois .... la très très grande majorité des bois va donc pourrir sur place.
Au niveau de l'engagement de l'Etat de suspendre la perception des taxes foncières, l'Etat les perçoit toujours sur un bien qui n'existe plus depuis Klaus !!!!
Alors, avant de parler de subventions, il a urgence : il faut d'abord débloquer des fonds et des moyens pour déblayer, nettoyer la très très grande majorité des parcelles boisées QUI ne VALENT RIEN et n'auront aucun acheteur, et assurer la sécurité "incendie, voire sanitaire".
Après,il y a du temps pour un reboisement éventuel, mais là, on a l'impression que personne ne veut comprendre.
Rédigé par : kecebo | 05/08/2009 à 14:39
Ils ont cru à santa klaus
Rédigé par : louis debaviere | 05/08/2009 à 16:26