"Je suis obligée de m'endetter pour aller travailler"
TEMOIGNAGE - Quand le Pôle emploi propose aux chômeurs une aide à la mobilité, il leur demande d’avancer les frais. Pas toujours facile voire carrément impossible pour ceux qui sont vraiment ric-rac. Barbara, militante dans l’âme a saisi la Halde (haute autorité de lutte contre les discriminations) et décidé de rendre public son exemple pour faire comprendre les absurditésdu système.
Barbara a 53 ans. Elle a toujours travaillé dans le social, à aider les autres. Mais aujourd’hui, c’est elle qui aurait sacrément besoin d’un coup de main. Il y a quelques années, cette formatrice en insertion professionnelle épuisée par des contrats précaires et des emplois sans avenir, décide de se réorienter professionnellement pour devenir assistante sociale. Son diplôme en poche en 2006, elle décroche des remplacements en contrats à durée déterminée (CDD) dans sa région, près de Pau. Une situation qu’elle juge normale puisqu’elle débute mais qui a tendance à durer. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de remplacements du tout. En septembre 2008, Barbara se retrouve en chômage. Elle va y rester près d’un an. En juin dernier, une amie lui parle alors d’un poste à pourvoir dans le Gers. Un remplacement pour un congé maternité d’une durée de 6 mois. C’est à 145 kilomètres de chez elle ce qui la fait hésiter. Elle décide d’en parler à son conseiller référent au Pôle emploi qui lui dit : «Foncez ! Il existe un dispositif d’aide à la mobilité pour les chômeurs dans votre cas.»
Forte de cette assurance, Barbara accepte le poste et commence son nouveau job au début du mois de juillet. Elle monte rapidement un dossier avec son contrat de travail et ses justificatifs de double domicile qu’elle envoie au Pôle emploi pour bénéficier de cette fameuse aide à la mobilité. L’agence lui répond alors qu’elle doit envoyer des justificatifs de déplacements et de logement pour bénéficier de cette prime. «En fait, le Pôle emploi me dit que je dois avancer les frais et qu’on me remboursera après. Sauf que je suis en fin de droits, je n’ai plus d’allocations chômage et que je dispose donc de très peu d’argent» précise Barbara. Très exactement, elle dépense 500 euros par mois pour pouvoir aller travailler entre les frais de transports et de logements sur place, sur un salaire de 1200 euros, cela lui laisse assez peu pour payer les charges de son domicile principal et les dépenses courantes. «Aujourd’hui, je me sens prise au piège. Je suis obligée de m’endetter pour aller travailler et je ne peux même pas démissionner car cela me ferait perdre mes droits au chômage» s’insurge Barbara. Elle a donc décidé de saisir la Halde (haute autorité de lutte contre les discriminations) pour lui soumettre son cas. Son dossier est en cours d’examen. Elle a également fait appel au médiateur du Pôle emploi pour tenter d’obtenir une avance. Elle attend là aussi une réponse et se désespère : «J’ai l’impression qu’il n’y a pas d’issue à la pauvreté et qu’on décide pour moi que je vais rester dans cette situation pendant longtemps.»
Stéphanie Lacaze



c'est le cynisme d'un nouveau dispositif pensé par des gens qui n'ont pas le soucis d'avancer les frais de déplacements et de double résidence !
on notera l'intérêt d'un droit qui s'adresse essentiellement au chômeur qui comme chacun sait, a les moyens de se constituer une cagnotte pendant les périodes chômées !
Rédigé par : avaroa | 06/10/2009 à 08:01
Comment peut-on dire, surtout de la part de nos gouvernants, qu'ils aident à l'emploi?
Quand on lit ce témoignage, cette femme qui depuis des années travaille et vit dans le milieu social, sait ô combien il est difficile pour les personnes ayant des revenus plus que modestes, d'avancer des sommes pour avoir le Droit de travailler?
De qui se moque-t-on?
La loi sociale aujourd'hui est faite pour les nantis, ceux qui ont et perdureront une fonction de "personne aisée".
Nous les pauvres, nous faisons comme au Moyen Âge, nous allons "mendier" notre pitance (travail précaire) et quelques sous pour payer nos loyers, charges etc. Et en plus nous devons dire merci sans aucun doute?
Les usines ferment, le gouvernement ne bouge pas...les salariés grondent (hélas pas tous dans le même temps), le gouvernement achète les syndicats pour qu'ils se taisent, et tout est ainsi.
Monsieur Le Président s'augmente son salaire de 25%. Super
La Pension d'Invalidité est augmentée de 25% aussi mais SUR 5 ANS...Personnellement je suis passée royalement de 652 € en 2008 à 667€...avec une ado de 17 ans à faire vivre, un loyer et des charges à payer, les courses.
Alors considérer qu'une personne qu'on envoie à 150 kilomètres de chez elle pour un contrat précaire de 6 mois comme une "sous-employée par rapport à votre parcours professionnel", oser lui dire "on vous remboursera après, mais payer d'abord vos frais"...Ou est la France et sa soi-disant LIBERTE, EGALITE et FRATERNITE !!!
Nulle part! Toutes ces valeurs là sont parties à vau l'eau !
Par contre, les treaders, les personnes du gouvernement, etc. ne baissent pas leur train de vie...!!
Je dis bravo Messieurs et Mesdames du monde politique quelque soit votre appartenance droite, gauche, vert etc. Vous êtes tous pareil et seuls peuvent profiter de la manne politico-financière, ceux qui vous entourent.
Une mère de famille monoparentale, invalide et qui tente de survivre.
Rédigé par : belette_bricolette | 06/10/2009 à 10:11
On nous concocte un petit logiciel démoniaque qui remplacera prochainement votre conseiller pôle emploi. Plus de contact humain, remplissez les cases et voyez si vous êtes éjectés du système ou si vous pouvez encore espérer toucher vos indemnités. Cette France me fait de plus en plus peur. Le système est totalement absurde. Courage à Barbara, et pensez à nous faire un suivi de l'affaire.
Rédigé par : xule | 06/10/2009 à 10:29
Je connais Barbara et sa situation.
Il ne suffit pas de mettre en exergue la situation d'une seule personne, encore faudrait-il évoquer dans une GRANDE ENQUÊTE faire le bilan de la profession, des salariés reclus dans une telle situation : outre l'édification sur ce fait cela poserait mieux la question des chômeurs en général. En effet, quelle efficacité pour lutter contre le chômage si les travailleurs sociaux se retrouvent eux-mêmes en situation de précarité ???
Un système aussi véreux d'esprit ne peut masquer une politique gouvernementale consistant à fournir au public autant de vitrines de ses pseudo-initiatives qu'elle distille de miroirs aux alouettes !
ECOEURANT !!!
Rédigé par : Tanka | 06/10/2009 à 13:30
Cet article est tout simplement scandaleux de vérité, je suis outré de voir que plus il est difficile de subsister, plus on se fait enfoncer...
Je ne suis pourtant pas exposé, je suis artisan donc très peu d'aide possible. Mais je lis que des chômeurs en fin de droit, qui osent changer de région, au risque de problèmes familiaux, avec peu de revenus et pour cause, se font promettre des aides qui ne sont pas tenues, ou bien à la saint glin glin, lorsqu'il sera trop tard.
Une femme comme Barbara dans cet article, est loin d'être la seule, elle, qui a consacré sa vie à venir en aide aux plus déshérités de la vie, morale ou matérielle, se retrouve bafouée par des décrets qui donnent plus dans l'esbroufe que dans l'aide sociale.
Elle ne peut démissionner car plus aucun droit... et comment payer deux loyers et en plus le trajet incroyablement démesuré.
C'est lamentable, une des hontes de la France qui touche bien des gens, alors qu'ils sont parvenus à tout faire pour atteindre soi disant une meilleure situation professionnelle et par conséquent contribuent à faire vivre notre société.
Rédigé par : lutopistereveur | 06/10/2009 à 15:31
Losque l'on appauvrit la population à ce point, ne reste plus alors que la révolution.... le message de 1789 semble n'avoir pas été compris. dommage messieurs les gouvernants, car à ce rythme, vous gouterez à la "veuve" sous peu !!!
honte à nous qui ne sommes pas capable de faire honneur à nos ancêtres qui miren à bas un système politique parasitaire en tout point similaire au notre actuellement !
"Aux armes, citoyens...."
Rédigé par : le_taquin | 06/10/2009 à 16:45
merci à vous tous ! il faut savoir que le pôle emploi d'ordinaire si pointilleux avec la législation n'a pas lu jusqu'au bout le texte sur "l'aide à la mobilité géographique" !
...pas de justificatif à fournir dès lors que l'on utilise son propre véhicule si ce n'est le contrat, le lieu et la durée du CDD ou CDI !
soit exactement ce que j'ai fourni !
Rédigé par : avaroa | 06/10/2009 à 17:06
Encore de la poudre aux yeux, un dispositif de plus dont le coût principal est celui de la publicité faite autour de lui par le gouvernement, histoire de nous montrer combien il s'investit pour aider les chomeurs et combien ces derniers mettent de la mauvaise volonté à trouver ou retrouver un emploi ...
Voilà mon sentiment ...
Rédigé par : ttam_ttam_ | 07/10/2009 à 18:11
Je travail à Pole Emploi, je suis surpris de ce que je lis car c'est pas la "procédure". Désolé de ne pas vous suivre, pole emploi et les aides sont discutables, parfois contestables, mais dans cet exemple il y a quelques éléments qui ne sont pas compatible entre eux. Peux être dans la rédaction de l'article il y eu une sorte de synthése. De plus il y a des accomptes possibles, j'en fais tout les jour... Je comprends la douleur, l'inquiétude, mais sincérement on fonctionne pas comme cela.
Rédigé par : yohan | 07/10/2009 à 18:43
"Le cas de Barbara n'est sûrement pas isolé. Ce témoignage aura le mérite d'attirer l'attention sur les dysfonctionnements des organismes censés aider les personnes qui essaient de maintenir leur tête hors de l'eau en acceptant des conditions inimaginables pour avoir et garder un emploi...
Combien faudra-t-il de témoignages pour que les choses évoluent et que l'on arrête d'accuser cette"crise" comme source de tous nos maux..."
Rédigé par : sahitia | 07/10/2009 à 18:48
pour répondre à yohan qui travaille à pôle emploi...quant à ses doutes sur l'exactitude des faits ! dis moi quels sont les éléments discutables ? est ce à dire que la procédure est différente d'une région à l'autre ?
tu écris ...De plus il y a des acomptes possibles, j'en fais tous les jour... ? autrement dit c'est mon organisme qui ne fait pas son boulot ! peu importe tu confirmes en somme que c'est à l'appréciation du DRH ! et si c'est le cas alors c'est plus grave encore que je ne le pensais... parce que cette histoire est réelle, malheureusement bien réelle !
Rédigé par : avaroa | 07/10/2009 à 21:29
6. Versement des aides
Les aides font l’objet d’un paiement par l’unité du pôle emploi après réception des justificatifs requis
qui doivent lui parvenir dans un délai maximal de 6 mois :
- après la reprise d’emploi (pour les déplacements quotidiens, hebdomadaires ou mensuels et pour
l’aide à la double résidence) ;
- après la fin de période d’essai (pour le déménagement).
Les justificatifs requis à produire sont les suivants :
- pour l’aide à la double résidence : quittances de loyer de la seconde résidence, factures d'hôtel ;
Pour l’aide aux déplacements
(hors utilisation de transport collectif),
aucun justificatif n’est exigé.
Dans le cas d’une avance faite au titre de l’aide au déménagement, Pôle emploi verse - sur la base
de la facture fournie - la somme restant due dans la limite du plafond de 1 500 €. Si les justificatifs ne
sont pas fournis dans le délai requis, l'avance devra être intégralement remboursée à Pôle emploi.
Rédigé par : avaroa | 07/10/2009 à 21:49
voici une suite à mon dossier...à ce jour et trois appels téléphoniques pour savoir où en est le traitement de mon dossier, au 3949 (no impersonnel comme il se doit puisque le conseiller supposé vous accompagner n'est pas accessible )j'entends un monsieur m'expliquer que je choisis la facilité en tél plutôt qu'en me déplaçant à mon agence ! dubitative je rétorque que je suis à 145km de mon agence ! réponse du monsieur pôle emploi...vous n'avez qu'à envoyer un mail !
je constate que les difficultés s'accumulent sur de l'absurde car c'est précisément parce que je suis en activité loin de chez moi que je demande de l'aide !
j'ai par ailleurs tenté de demander une avance sur mes frais ! réponse du monsieur pôle emploi..."c'est dans la législation du dispositif ? "quelque chose cloche mais où ? dommage que ce site ne soit pas interactif car j'aimerais que la personne qui doutait de la véracité du témoignage ne puisse pas être contacté !
Rédigé par : avaroa | 09/10/2009 à 11:58