Darcos, mission périgueuse
Engagée tardivement, la campagne du ministre du Travail avait débuté mollement. Confronté à son principal adversaire lors d’un premier débat à Sciences Po Bordeaux, Xavier Darcos était apparu imprécis, dominé, se laissant tutoyer et moquer devant un public goguenard, attaqué sur sa connaissance des dossiers, qu’il avouait même être «obligé de potasser»... Le candidat UMP en est sorti aiguilloné, et grince désormais «les airs faussement surpris» et «les techniques de mauvais acteur» de son adversaire.
Mais, Xavier Darcos peine toujours à faire valoir sa motivation pour ce scrutin. Les mauvaises langues le disent «en mission» poussé par l’Elysée, car présentant cette qualité rare et précieuse en Aquitaine d’être compatible à la fois avec Juppé et avec Sarkozy. «Il n’est là que le week-end. Elu d’opposition à la région, il n’est venu que six fois pendant la précédente mandature, et il y a même une fois où il a demandé son chemin», rapporte une co-listière d’Alain Rousset. Lequel enfonce le clou : «Darcos est plus un représentant de l’Etat en région que quelqu’un qui aurait envie d’être le porte parole des Aquitains». Une critique qui a le don d’exaspérer le ministre : «L’idée que c’est moi le Parisien est une vaste blague, rétorque-t-il. Ce n’est pas parce qu’il va pêcher la truite qu’il est plus d’ici que moi. Si j’étais aussi bourge qu’on le dit, je serais resté dans mon bureau». Mais à ce petit jeu de l’ancrage local, le chef de file UMP n’a plus beaucoup d’atouts : ancien maire de Périgueux (Dordogne), il a perdu son mandat en 2008. Quant à ses fonctions dans le gouvernement Fillon, en particulier à l’Education nationale (jusqu’en juin 2009), pas sûr qu’elles soient particulièrement porteuses en ce moment. Il a beau ratisser large, sautant d’une gare rurale aux chambres spartiates des citées universitaires, en passant par un parcours en raquettes dans les vallées pyrénéennes, il peine à rattraper Alain Rousset qui, après douze ans à la tête de la région, maîtrise totalement son sujet.
Féru d’économie et d’innovation, le socialiste cultive une aura de gestionnaire averti, et dégaine les chiffres en chapelé, pour étayer son argumentaire. Pour lui non plus, la campagne ne s’annonce cependant pas de tout repos. C’est paradoxalement de ses anciens alliés que vient la difficulté. Dopé par son score aux Européennes, Europe Ecologie a décidé de faire cavalier seul. Les Verts, qui en 2004 avaient noué une alliance dès le premier tour, fourbissent donc leurs armes, et attaquent le sortant sur l’un de ses dossiers phares : la future ligne à grande vitesse (LGV) qui doit relier Tours à Bordeaux, puis traverser tout le Pays Basque direction Madrid. Désormais farouchement opposés au projet, les écologistes marquent leur différence en réclamant son abandon. Une manière d’exister en vue d’un nouveau partenariat. «Ca s’appelle un rapport de force», reconnaît volontiers Marie Bové, tête de liste en Gironde. Pour exister, la nouvelle formation vise «un score au dessus de 10%», qui lui permettrait d’obtenir une minorité de blocage. Mais personne n’est dupe, et la fille Bové l'admet elle-même : «Mon ennemi, c’est la droite, le but du jeu, c’est que la gauche reste maîtresse du conseil régional».
«Des problèmes de riches déjà en train de se partager le gâteau», soupire-t-on chez Darcos. Il fait dire qu’à droite, les réserves de voix sont plus aléatoires. C’est Jean Lassalle, 54 ans, imprévisible député pyrénéen, célèbre pour sa grève de la faim en 2006 à l’Assemblée Nationale contre le déménagement d’une entreprise locale, qui représente le Modem. Traditionnellement, dans le Sud Ouest, cet électorat a encore tendance à se reporter sur l’UMP au second tour. Mais les lignes bougent. Et le candidat centriste ne craint pas de faire tomber les barrières. En témoigne son slogan évocateur «Vous allez voter pour moi et vous ne le savez pas encore», et les propositions phares de son programme : une prochaine exposition universelle à Bordeaux, puis les JO d’hiver dans les Pyrénées. Rien que ça.
Laure Espieu
(Photo Reuters)



Que voilà un ministère à temps très partiel!2jours par semaine suffisent donc à prouver qu'un ministère du travail ne sert pas à grand chose. Il faudrait plutôt instituer un ministère du chômage,qui lui aurait du boulot...
Et ,incidemment ,réduire le salaire du ministre des 3/4.
Rédigé par : michel | 01/03/2010 à 17:31
il es tministe a mitemps m^me moins mais il est est payé temps plein
voila pourquoi les gens n'aime pas les politicards
Rédigé par : titi33 | 04/03/2010 à 15:51
Après avoir sinistré l'Éducation, puis le Travail, voilà t'il pas qu'il veut s'en prendre à l'Aquitaine ! Eh bien non, Monsieur le Ministre, je n'ai pas voté pour vous, je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai jamais. Vous êtes vraiment trop mauvais !
Rédigé par : Finette | 14/03/2010 à 18:56