A Bordeaux, la droite se disperse sur le campus
INTERVIEW - Le divorce est définitivement acté au sein de la droite étudiante bordelaise. Alors que dans toutes les universités, l'UNI, vieux syndicat gaulliste créée au lendemain de mai 68, tirait sa révérence début janvier pour devenir le MET (le Mouvement des Etudiants), nouvelle vitrine de l'UMP sur les campus, plusieurs sections ont décidé d'entrer en dissidence. A Bordeaux, ils sont une trentaine issus de l'ancienne antenne à avoir pris leurs distances. La semaine dernière, Bruno Couzy, étudiant en deuxième année de droit, déposait les statuts de leur nouvelle association: l'UNIC.
Pourquoi refusez-vous d'adhérer au MET?
Nous étions à l'UNI pour défendre des valeurs qui nous paraissent importantes. Avec le MET nous avons le sentiment qu'il ne s'agit plus que d'une énorme machine électorale en vue des présidentielles de 2012. Il n'y a plus de projet. Dès le début, nous savions que nous ne participerions pas à cette structure.
A sa création, le nouveau syndicat revendiquait pourtant son désir d'indépendance par rapport à l'UMP…
C'est l'exact inverse de la réalité. Le but est de redonner aux jeunes populaires une prise dans l'université, parce que jusqu'à présent ils étaient réticents à oeuvrer au sein de l'UNI. Ils prennent en main les sections. Il n'y a plus rien, plus de cohésion, le seul but est de faire des voix, et rien de plus.Quel est votre projet?
Nous venons de lancer l'UNIC (Union Nouvelle, Indépendante et Catholique) pour les anciens membres de l'UNI qui ne veulent pas rejoindre le MET. Notre objectif est de sortir des clivages partisans, et la seule doctrine qui est à même de le faire, c’est la doctrine sociale de l’Eglise. Nous voulons revenir à des valeurs qui mettent la personne humaine au centre de la réflexion.Recueilli par Laure Espieu


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