Alain Juppé tient la barre du développement durable contre "les vents mauvais du doute"
TURBULENCES - "Les vents mauvais du doute se sont levés sur le développement durable", estime Alain Juppé, dans un billet publié sur son blog dimanche, au lendemain de la visite de Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture. "Les climato-sceptiques, comme on dit, se déchaînent", pointe le maire de Bordeaux et éphémère ministre du développement durable, qui dit lire "avec un peu d’amusement, les déclarations fracassantes de Claude Allègre". "Même si la climatologie est une science jeune, le consensus scientifique reste solide, affirme-t-il: les changements climatiques, dans lesquels l’activité humaine a une part de responsabilité (...) menacent, de multiples manières, nos conditions de vie".
Loin d'être un adepte de la décroissance, Alain Juppé déplore pourtant le gaspillage des pays riches, et fixe les priorités: "c’est à nous d’inventer une nouvelle croissance, une croissance sobre en énergie, en eau, en territoires… Rien ne doit nous détourner de cet impératif de survie, ni la crise qui dure, ni la mode qui change, ni le doute qui s’insinue". Et de rappeler, comme en réponse aux propos du président de la République, que "dans cette mobilisation (...) nos paysans et notre agriculture sont en première ligne".
Samedi lors de son passage Porte de Versailles, Nicolas Sarkozy avait en effet appelé à une révision de l'impact des mesures environnementales en agriculture face à la concurrence des pays voisins. S'il ne nie pas le "drame sans précédent et sans exemple" que connaissent aujourd'hui les agriculteurs confrontés à un "effondrement" de leurs revenus, et réclame pour eux l'intervention des pouvoirs publics, Alain Juppé estime pour sa part qu'il y a également "des mouvements de fond qu’il ne faut pas contrarier". "Celui qu’a amorcé le Grenelle de l’environnement, dont l’un des plus grands mérites a été d’asseoir autour de la même table des gens qui ne se parlaient pas(...) et parmi eux, les paysans et les écologistes, est un des plus riches de possibilités". "Ne brisons pas l'élan", plaide l'ancien premier ministre.
L.E.


Toujours la tête à Paris et dans le débat national ce Monsieur...
Rédigé par : Voilà Voilà | 11/03/2010 à 10:55