Aquitaine: le défi d'un développement côtier "harmonieux"
LITTORAL - Début de saison oblige, l'Aquitaine est toujours aussi fière de vendre sa côté sauvage, l'une des mieux préservée de France. La région tire en effet les bénéfices d'une politique de protection ancienne. Mais elle a décidé de ne pas s'endormir sur ses lauriers, et passe à la vitesse supérieure. En début de semaine, était présenté un nouveau plan de développement durable destiné à assurer un essor "harmonieux" du littoral. Renaud Lagrave, président du Groupement d'intérêt public (GIP) littoral, revient sur les objectifs de ce plan.
Comment concilier le développement économique et touristique avec la protection des côtes, comme vous en affichez l'ambition?
C'est un vrai défi de faire cohabiter tout ça. Pour y arriver, on fixe des objectifs et des stratégies. C'est le but de ce plan, mettre en commun les moyens de toutes les collectivités, et mettre en place un outil pour coordonner l'ensemble des actions sur les sujets de préoccupation. Ensuite, on travail de manière harmonisées sur la gestion du foncier, les incitations aux entreprises, les plans plage pour protéger le trait de côte. On apporte une réflexion nouvelle. Pour lutter contre l'érosion, nous proposons notamment que les parking soient désormais éloigné de plusieurs kilomètres des plages, avec une navette pour assurer la liaison.
Quelles sont les menaces qui pèsent sur le littoral aquitain?
Elles n'ont pas tellement changé depuis 30 ans. Il y a toujours cette grosse question de l'érosion. Il y a aussi la qualité des eaux de baignades, qui a déjà été beaucoup améliorée, le problème des tempêtes, que nous avons connu avec Klaus et Xynthia. Et puis il reste le spectre du bétonnage, si on ne lutte pas contre la spéculation foncière.
Les promoteurs sont-ils toujours aussi pressants pour investir sur la côte aquitaine?
Oui, la pression reste forte, c'est pour ça que même s'il reste du foncier disponible, nous estimons qu'il doit être public. Aujourd'hui, des acquisitions de parcelles sont faites par le conservatoire du littoral, pour éviter qu'elles ne tombent entre n'importe quelles mains. C'est grâce à ça que notre littoral est encore préservé. Il y a eu une vraie anticipation de l'aménagement, et elle se poursuit.
Laure Espieu


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