La fonctionnaire démasquée risque deux ans d'exclusion pour son livre vengeur
Cet avis consultatif du conseil de discipline a été donné après cinq heures de débats au cours desquels chaque partie a exposé son point de vue. Le président PS du conseil régional, Alain Rousset, dispose désormais d'un mois pour prendre une sanction définitive.
"Je trouve cela terriblement disproportionné et extrêmement injuste et j'espère que M. Rousset aura l'intelligence de diminuer la sanction car censurer comme cela la liberté d'expression est extrêmement dommage et grave", a réagi l'auteur, cette jeune femme de 30 ans, entrée en 2007 comme chargée de mission à la délégation internationale du conseil régional, et qui signe du pseudonyme de Zoé Shepard. "Je vais attendre la décision du président de la région et en fonction, je la porterai devant le juge administratif".Pour sa part, l'avocat du conseil régional, Me Bernard Boyer, affirme que "la région, contrairement à ce qui a été plaidé, est parfaitement identifiable et les propos tenus sont extrêmement outrageants et ils constituent des manquements inédits en raison de leur gravité et de leur nombre à l'obligation de réserve qui pèse sur tout agent public".
"Il n'y aucune raison pour que la région poursuive un agent qui n'a fait qu'user de ses droits à écrire, comme tout citoyen, un ouvrage caustique et satirique à moins qu'on n'ait pas le sens de l'humour, on ne peut que bien le prendre sauf effectivement à se sentir visé ce qui n'était pas la volonté et n'est pas le cas", a pour sa part plaidé l'avocate de Zoé Shepard, Me Delphine Krust.L'auteur a par ailleurs expliqué: "ce livre est né d'un grand désespoir professionnel car je n'ai jamais réussi à faire ce pour quoi j'avais été embauchée (...) je me sentais mal dans ce travail". "Un jour, on m'a laissé cinq jours pour changer la police (de caractère) d'un document, il y a aussi les réunions qui durent sans objectif (...) le gaspillage m'a heurtée", poursuit-elle pour justifier son propos.
(AFP)

Ah ! ...
La liberté d'expression !
Une belle phrase malaxée à toutes les sauces qu'on dégaine lorsque on a oublié de prendre ses responsabilités...
Rédigé par : vouroupatra | 01/07/2010 à 19:47
et pendant ce temps la la gauche fait ses choux gras de revelations qui demandent a etre verifier et la ca ne gene personne
Rédigé par : denieul gaston | 02/07/2010 à 08:13
Et oui!
La gauche bien pensante a encore frappé.
Celle même qui prône la liberté d'expression à tous les niveaux sauf bien sur quand cela touche ses intêrets ou ses potentiels électeurs (si vous voyez de qui je veux parler)
Elle est belle la démocratie à gauche!!
Rédigé par : davidoff64 | 02/07/2010 à 10:39
Cette affaire est parfaite illustration des déliquescences de notre société.
Au premier rang, la Région réagit sur la forme mais occulte le fond, et adopte une posture qui est la risée de tous (il suffit de lire les commentaires depuis le début de la semaine).
Mais évidemment, si Rousset avait déclaré "je vais faire le ménage chez moi si de tels comportements sont avérés" ... c'était la fronde sociale dans son Hotel de Région. Donc, en bon animal politique à vue courte, il va cocooner l'essentiel de son électorat naturel.
Après, comme souvent, les choses ne sont ni noires ni blanches, plus probablement grises.
Aurélie Boulet n'est pas une gratte-papier sans pouvoir. Elle est Administrateur territorial, c'est un emploi de DIRECTION des collectivités territoriales et de leurs établissements. Un administrateur territorial MET EN OEUVRE les politiques publiques locales décidées par les élus territoriaux.
Elle aurait probablement pu attaquer le mal qu'elle dénonce. Elle aurait pu contribuer à rectifier tout ce qu'elle dénonce. Elle aurait probablement pu proposer de nouvelles méthodes de travail.
Elle aurait même pu démissionner d'une administration si éloignée de ses idéaux.
Mais elle a préféré la facilité, s'en amuser et exploiter le système pour faire du fric avec (à moins que ses droits d'auteurs ne soient reversés à une oeuvre caritative ?) tout en continuant de percevoir son (confortable) traitement payé par le contribuable, au sein de cette si pitoyable administration.
C'est un peu "faite ce que je dis mais pas ce que je fais" ...
Rédigé par : Marouani | 02/07/2010 à 11:46
Il en est du "devoir de réserve" imposé par l'autorité administrative comme de "l'omerta" imposée par les mafiosos, on sait à qui il profite et pourquoi il est si farouchement invoqué . Le devoir de réserve est la garantie d'irresponsabilité de l'administration et le voile opaque qui dissimule toutes les incompétences, toutes les faiblesses, tout le fonctionnement sectaire et le népotisme grandissant (situation de l'emploi .... oblige) des fonctions publiques, nationale ou territoriale . Tout cela a été dénoncé très "sincèrement" et avec vigueur par la gauche, alors cantonnée à l'opposition dans tous les domaines, et on doit se rappeler "Le Droit de Savoir" de R.G.Schwarzenberg ("Le Monde" 07/05/75) et sa formule : "La démocratie doit être une maison de verre...", ou encore "Les fonctionnaires et le service public" de Catherine Lalumière, une référence pour Bordeaux et Alain Rousset, ("Le Monde" 06/03/1976) et son émouvante conclusion :"Il est clair que les socialistes ne peuvent accepter que le silence imposé aux fonctionnaires permette au gouvernement d'utiliser à son seul profit ou au profit de ses amis politiques les services publics qui lui sont confiés par le suffrage universel" ...(SIC)
Depuis... la gauche a touché au pouvoir, avec volupté et jalousie, et s'est empressée de consolider ce qu'elle avait stigmatisé , le "devoir de réserve" !!!
Ce fut le cas de quelques malheureux inconnus que tout le monde a oublié, ce fut aussi le cas de Gérard Filoche que son pouvoir médiatique aurait dû protéger des foudres de la bouillante Martine Aubry mais qui fut tancé comme un anonyme, le 09/02/1999, suite à une émission de télévision (Capital) au cours de laquelle il avait émis des doutes sur la politique onéreuse de l'emploi de sa ministre !
C'est aujourd'hui le cas de Zoë Shepard vers qui devrait aller toute notre sympathie et notre reconnaissance pour avoir osé nous entr'ouvrir la "maison de verre" . Une forte mobilisation devrait répondre à cette décision léonine et permettre de mettre enfin à mal cette protection des secrets honteux .
Philippe Labarrère, ex-juriste Interrégional à l'ANPE (1975-2006)
Rédigé par : philippe labarrère | 02/07/2010 à 18:05
Si le réglement de l'instution régionale l'autorise, que soit créée un commission des parlementaires qui la composent pour connaître la réalité des choses. Dans le cas contraire, il paraît juste que les conseillers régionaux se préoccuppent de la question.
Il en va de leur résponsabilité.
Rédigé par : s | 02/07/2010 à 19:05
Oui, il faut que les conseillers régionaux fassent leur devoir et crééent une commission d'enquête !
Rédigé par : Alfred | 02/07/2010 à 22:45
Rappelons que l'enseignant de CM2 de la Vienne ayant fait acte, selon lui, de "désobéissance civile", en réalité refuser d'appliquer les instructions d'un gouvernement élu démocratiquement (mais pas conforme à ses opinions) , n'a finalement pas été suspendu.
Alors, dénoncer l'incurie d'une administration, c'est plus mal que de refuser les effets d'un vote démocratique ?
Ou est-ce seulement une question de bon ou mauvais coté ?
Rédigé par : Pex | 02/07/2010 à 23:38
Petit
On disait "il n'y a que la vérité qui fâche". Même s'il ne faut pas généraliser, le surnombre des ces fonctionnaires prête à ce genre de critique.
Rédigé par : peguilhan | 03/07/2010 à 13:58
Il y a des actes qui sont dangereux, on savait qu'écrire pouvait être dangereux dans une dictature, il faut croire que faire la même chose dans une administration territoriale l'est tout autant. Tout le monde applaudit à la dénonciation des open spaces de grandes entreprises privées mais curieusement pas un mot d'encouragement, certains même ici la condamne pour ne pas avoir fait ce qu'ils sont incapables de faire.
Il faut se rappeler qu'un conseil régional brasse des fonds publics, bénéficie d'aides diverses et variées et que le moins que l'on puisse en attendre c'est que cet argent soit utilisé d'une façon tant soit peu efficace.
Cela est d'autant plus choquant venant d'un CR dirigé par un parti et un homme qui prennent bien soin de dénoncer tous les travers du gouvernement actuel et se vantent de pouvoir faire mieux...
Courteline et ses ronds de cuir doit se retourner dans sa tombe !!!!
Rédigé par : cal81 | 05/07/2010 à 08:11
il n'y a que la vérité qui blesse.
Rédigé par : THOMINE | 05/07/2010 à 10:23
VOUS ETES FONCTIONNAIRE TOUS ?
MOI JEN CONNAIS BAH A LA RETRITE IL NE SERONT PAS USER!C TOUS CE QUE JAI A DIRE DES FONCTIONNAIRES.ALLER PAS TOUS POUR VOUS FAIRE PLAISIR...SANS RANCUNE
Rédigé par : DAMS54 | 05/07/2010 à 20:45
Enfin les stakhanovistes du Conseil régional se réveillent et contre-attaquent ! Sur la forme, ils veulent nous rassurer : il leur arrive de faire 35 heures dans une semaine... Sur le fond, leur arrivée en ordre, et/ou sur ordre, pour défendre leur pré carré et laver l'honneur de ceux qui semblent s'être reconnus est aussi peu convaincante et relève d'un avatar de la légitime défense . En revanche aucune allusion au coeur du problème : le devoir de réserve et la transparence des services . Mais cela était inutile car nous avions déjà compris que le principal reproche qui était fait à Zoë Shepard était de ne pas avoir renvoyé l'ascenseur alors qu' elle "était en galère à la sortie de sa formation et que nous l'avions aidée ", de ne pas avoir respecté l'omerta qui protège l'institution ! Pire qu'une repentie c'est quelqu'un qui a refusé d'entrer dans un système "mafieux" . Merci Zoë !
Rédigé par : philippe labarrère | 10/07/2010 à 09:10
Heureusement pour eux (et pour nous) que La Fontaine et Molière n'étaient pas fonctionnaires au Conseil régional d'Aquitaine.
(c'est une question de principe, pas de talent)
Rédigé par : aucoqhardi | 11/07/2010 à 07:56
On n'a pas assez parlé des "conseils de discipline" de la fonction publique et de leurs décisions rarement surprenantes lorsqu'on connait leur composition .
Les marxistes parlerait de "paritarisme formel" pour désigner une organisation bi-polaire dans laquelle les représentants d'un établissement sont nommés par leur DG et votent sans état d'âme ,et comme un seul homme, selon ses directives, alors que les représentants des salariés sont élus sur des listes syndicales ,dont les sensibilités sont très diverses, dont on sait que certaines sont systématiquement en appui de leur DG , que d'autres rêvent de co-gestion et restent très timorées lors d'une prise de position qui ne serait pas "consensuelle", laissant ainsi à une minorité résignée le loisir de défendre les agents traduits devant cet avatar d'instance paritaire . Beaucoup de salariés du public souhaiteraient pouvoir être jugés par les Prud'hommes qui seuls incarnent à leurs yeux un paritarisme non dévoyé . Si l'on ajoute à ce tableau idyllique le fait que les Tribunaux Administratifs n'exercent qu'un contrôle "minimal" sur les décisions de l'administration on peut affirmer avec de nombreux juristes que la seule instance qui ait fait évoluer le droit du travail en faveur des salariés reste la Cour de cassation et sa chambre criminelle (sic) .
philbtz, juriste, ex-agent public .
Rédigé par : philippe labarrère | 13/07/2010 à 15:20